Tribus eimää

De Nagdad
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Tribus eimääs
Résumé de la faction
Date de fondation : +/- 99
Population : env. 4 millions
Superficie : 250 613 km²
Ethnies majeures : Talperiens, rëgasiens, noqimiens



Les eimääs constituent une confédération de tribus semi-nomades installées dans les montagnes et les savanes qui s’étendent au nord de l’Empire de l'éternelle lumière. Cette région appartenait autrefois au royaume de Rimta, progressivement conquis et assimilé par les eimääs à partir du premier siècle après le Grand cataclysme. La civilisation eimää actuelle est le résultat d’une synthèse des cultures du peuple rimtien et des tribus eimääs originaires. L’héritage culturel de Rimta se fait surtout sentir dans les domaines des sciences, de la religion, des arts, du vestimentaire et du culinaire, cependant que les langues, le mode d’organisation social et militaire ainsi que l’élevage sont tributaires de l’apport des nomades.

Histoire[modifier]

Les origines (-200 ca. – 100 ca.)[modifier]

L’origine exacte des tribus eimääs est sujette à dispute tant les sources disponibles chez les peuples les ayant côtoyés divergent. L’épopée des Eimääs, l’Eimoleuleniiuirimtadaamag (litt. «Chant du voyage des Eimää au royaume de Rimta ») compilée durant le deuxième siècle à partir de plusieurs récits oraux, apparaît trop légendaire et largement influencée par la culture rimtienne pour pouvoir lui attribuer une valeur historique significative. En outre, les scribes et érudits eimääs admettent que le récit a probablement été élaboré dans un but politique. La première partie relate sur un ton prophétique la manière dont les Rimtiens et les Eimääs étaient destinés à s’unir pour le bien des deux peuples, ce qui a sans doute servi de propagande pour faciliter l’immigration massive des tribus nomades. Pour plus de détails sur cette épopée, voir la section culture ci-dessous.

Les faits indiscutables concernant les tribus eimääs avant l’invasion de Rimta sont peu nombreux. Il est certain que leurs caravanes marchandes voyageaient déjà au nord des Monts sans sommets avant le Grand Cataclysme. Des relations commerciales sont attestées avec le royaume de Korlt, la Kjildorie, Gjylto, Nueman et les Thragyptéens. Plusieurs tribus auraient été en guerre au deuxième siècle avant le cataclysme avec les proto-Sylmeniens dans une tentative d’invasion. Selon certaines inscriptions présentes sur des monuments funéraires sylmeniens et des documents des îles Okoti, on suppose que les tribus impliquées dans les conflits traversèrent la mer et furent assimilées par la population okotie qui fut néanmoins influencée par cet apport extérieur. Le pillage semble avoir été pratiqué en parallèle du commerce et la tour de Korlt aurait pendant longtemps eu recours à des mercenaires eimääs lors de ses expéditions esclavagistes.

A partir du début du premier siècle, la richesse du royaume de Rimta attire un nombre croissant de caravanes eimääs qui traversent les montagnes et les plaines de la région pendant plusieurs mois d’affilée. Durant cette première période de contact, les Eimääs ciblent les villages frontaliers de l’Empire de l’éternelle lumière qui sont mis à sac et brûlés, leurs populations vendues à Korlt par l’intermédiaire de la Kjildorie. Les ravages auraient cessés sous la pression du roi de Rimta menaçant de rompre les accords commerciaux et les droits de passage accordés aux tribus. Ce dernier craignait sans doute que l’Empire n’envoie des troupes armées pour pacifier la région.

Les rapports entre les deux peuples se sont probablement intensifiés durant les décennies qui suivirent au point que la majorité des tribus eimääs entamèrent une migration vers les régions les plus méridionales des terres qu’ils traversaient auparavant. A la fin du premier siècle, la tribu dite de l’étoile verte réclame pour ses membres la citoyenneté rimtienne, sans doute dans le but de pouvoir acheter des terres et d’en tirer profit d’une manière ou d’une autre. Maan-Yur, alors souverain de Rimta, rejette la requête, ce qui provoqua un conflit de basse intensité avec la tribu pendant trois ans. Cette guerre culmina avec l’unification des tribus eimääs qui, après une guerre d’usure, parvinrent à se rendre maîtres du royaume. Le chef de la tribu de l’étoile verte était alors Qádjan (nom archaïque d’origine rimtienne, le nom eimää est inconnu) dont le statut légendaire dans certains textes rend le partage entre la réalité historique et la fiction difficile. Il serait parvenu après diverses manœuvres à épouser la fille du roi Maan-Yur, Alaaran, avec laquelle il concevra l’héritier légitime du royaume. Ce dernier, Maan-Tür, élevé à la fois dans la tribu de son père et à la cour royale de Rimta, œuvra tout au long de sa longue vie (presque 110 ans de règne) à une révolution culturelle dont la civilisation eimää actuelle est largement le fruit. Pendant que les tribus étaient progressivement installées dans les différentes régions du royaume, Maan-Tür s’attacha à établir et faire prospérer une cour d’artisan et de savants eimääs et rimtiens

Chronologie depuis le deuxième siècle jusqu’à 1249[modifier]

* 100 : Naissance de Maan-Tür. Son père, identifié à la figure semi-légendaire de Qádjan retourne auprès des tribus qu’il commence à installer dans les diverses communautés rimtienne avec lesquelles il se charge également de négocier. Maan-Yur, désavoué, tente de s’exiler à Okoti. Son navire sera intercepté par des Ardelakis et son corps décapité et émasculé renvoyé à Rimta dans cinq boîtes différentes. Sa fille, Alaaran, est couronnée reine, devenant la première femme à diriger officiellement le royaume, ce qui déplaît aux Rimtiens les plus traditionnalistes. Alaaran trouve un soutien inattendu chez les tribus eimääs matriarcales qui se sont établies aux abords de la capitale (Rimta qui donne son nom à tout royaume) et qui reconnaissent son autorité.

* 101-115 : L’augmentation de la population fait peser une pression terrible sur l’agriculture et vide les greniers. Qádjan se lance à la conquête de nouvelles terres dans les vallées fertiles du nord et dans les plaines riches en pâturages et en gibier à l’est. Grâce à la supériorité tactique offerte par la combinaison de l’infanterie rimtienne et des archers montés eimääs, les Thragyptéens sont repoussés jusqu’au bras de mer qui constitue le centre de leur empire. En 115, Maan-Tür, parvenu à la majorité selon la tradition eimää est emmené par son père combattre Gjytlo au nord. Les Gjytliens sont mis en déroute et reculent dans les vallons plus septentrionaux des montagnes. Au cours d’une bataille, Maan-Tür est frappé par la foudre. Bien que ne lui étant pas fatal, l’incident provoque chez lui des visions mystiques pendant plusieurs jours, ce qui lui attire la sympathie et l’admiration des chamans qui accompagnaient l’armée.

Ces marches nouvellement conquises au nord sont données à des nobles rimtiens initialement hostiles aux Eimääs en échange de leur allégeance. Le retour de Qádjan à la capitale marque le début d’une nouvelle période de troubles politiques qui voient s’opposer ses propres partisans issus des rangs de l’armée à ceux d’Alaaran.

* 116 : Une guerre civile éclate dans la capitale du royaume mais le conflit est de courte durée. En effet, les Thragyptéens lancent une offensive dans le but de reconquérir leurs territoires récemment perdu. Cette attaque force les deux partis à conclure une trêve le temps de la guerre contre Thragypto. Alaaran reste reine à Rimta tandis que Qádjan part à l’est avec son armée.

* 117-125 : La guerre contre Thragypto s’éternise ce qui pousse l’armée des Eimääs et des Rimtiens à construire une série de fortins dans la chaîne de monts qui bordent la frontière thragyptéenne.

Aux alentours de 120, Maan-Tür émerge à la tête d’un nouveau mouvement religieux soutenu par les moines rimtiens et par les chamans des tribus fidèles à sa mère. Il rédige une série de textes mystiques en langue eimää mais en adaptant l’alphabet rimtien pour son écriture. Les premiers écrits constituent la base du système de croyance eimää et se présentent sous la forme d’une révélation de la nature essentiellement duelle de l’être en général. Entre 120 et 122, Maan-Tür rédige d’autres livres destinés à la liturgie et à la divination, ainsi qu’une série de dialogues sur l’éthique, la morale et l’ascèse qui étendent le système de la révélation à tous les aspects de l’existence. Les premiers commentaires effectués par des moines convertis sont contemporains de ces textes et validés par Maan-Tür lui-même. A Rimta, une véritable industrie de copistes est mise en place pour diffuser le plus largement possible la nouvelle foi. En 125 la première génération de missionnaires a atteint toutes les frontières du territoire eimää et des prêtres commencent à être formés dans la plupart des grandes tribus.

* 126 : La Bataille de Ganvargaan, dans la vallée du même nom, oppose l’armée royale de Thragypto aux troupes de Qádjan. Ce dernier triomphe de justesse et le nombre de nobles thragyptéens capturés lors de cette bataille permet aux Eimääs d’obtenir la fin des hostilités en échange de leur libération. La victoire laisse cependant craindre une reprise des hostilités entre Qádjan désormais bien installé dans son fief à l’est et la couronne. A la fin de l’année, des délégations se rencontrent à Rimta. Une paix est négociée ; celle-ci aboutit la formation d’un royaume à deux régents. Qádjan est couronné et établit sa cour dans la capitale de l’est en construction, Gaardarev. Bien que l’autorité d’Alaaran dans cette région orientale soit, dès lors, réduite à néant, son titre et la sécurité de Rimta ne sont plus menacées. On peut raisonnablement soupçonner que cette partition du royaume ait été, sinon souhaitée, au moins influencée par Maan-Tür et son clergé pour inscrire dans le pouvoir temporel la marque de leur métaphysique dualiste.

* 127 : Alaaran meurt et Maan-Tür lui succède. Alors que son entreprise de conversion de l’ensemble des sujets eimää et rimtien à la nouvelle religion s’intensifie, des tensions apparaissent avec ceux qui la rejettent. Une loi est établie pour reconnaître le droit de pratiquer les anciens cultes eimääs et rimtiens tout en leur donnant le statut de vue partielle et imparfaite relativement à la révélation de Maan-Tür. Les résistances les plus fortes sont exprimées au nord où la majorité des nobles rimtiens conservateurs se sont installés. Ceux-ci s’opposent systématiquement à l’arrivée de nouveaux missionnaires sur leurs terres. Les écrits de Maan-Tür sont confisqués par la noblesse qui finance dans le même temps la construction de monastères traditionnels rimtiens.

* 128 : Maan-Tür épouse une princesse rimtienne originaire du nord, Borgalbak de Qajag. Ce mariage politique permet de maintenir l’unité des territoires occidentaux et septentrionaux du royaume pendant un temps.

* 129-150 : De plus en plus d’Eimää et de Rimtiens s’unissent et les mariages sont encouragés par les prêtres de la nouvelle foi qui les célèbrent à un rythme soutenu. La noblesse nordique, à l’inverse, instaure une nette ségrégation avec les populations d’origine eimää sur ses terres. Maan-Tür, avec l’accord de son père, abolit les anciens codes de loi rimtiens et eimää et rédige un nouveau texte qui porte son nom. La Törvomaanätüran (litt. Loi de Maan-Tür) synthétise et systématise la loi tribale eimää tout en lui ajoutant un certain nombre de nouveaux décrets. Parmi ces nouveautés, celles qui font le plus rupture avec les anciennes législations sont l’abolition de l’esclavage et de la peine de mort au profit de l’exil. En 141, Qádjan décède, encorné par sa monture lors d’un accident de chasse. Sans autre héritier que Maan-Tür, celui-ci désigne un général de Qádjan converti à sa religion pour monter sur le trône oriental. Bien qu’acceptée théoriquement, la Loi de Maan-Tür n’est pas appliquée au nord où l’esclavagisme et la peine capitale continuent à être pratiqués. En 145, Maan-Tür prend deux nouvelles épouses issues de puissantes familles rimtiennes régnant au nord. Durant la même période les intellectuels de la cour de Rimta tentent de fixer la grammaire et l’orthographe pour la langue eimää. Leurs efforts aboutissent à la création du moyen eimää classique, qui correspond à l’idiome parlé par la tribu eimää de l’étoile verte et écrit grâce à une variante de l’ancien alphabet rimtien. L’ensemble des textes écrits par Maan-Tür est corrigé et réécrit dans cette langue. En 150, Maan-Tür, toujours sans descendance, épouse une quatrième femme, une des filles du roi de l’est.

* 151-177 : Entre 151 et 155, les Eimääs doivent affronter des groupes de guerriers de Korlt qui passent à travers les terres du nord et procèdent à des raids non loin de Rimta. La noblesse nordique est une fois de plus soupçonnée de s’opposer à l’autorité de Maan-Tür en accordant l’impunité aux esclavagistes korltiens. En 151 et 152, la femme eimää de Maan-Tür met au monde deux filles. En 164, chacune d’elle épouse, respectivement, un prince de l’est et un noble du nord. Aux alentours de 170, la science et la littérature des savants de Rimta et de Gaardarev atteint des sommets avec lesquels la production intellectuelle ultérieure peinera à rivaliser. A cet âge d’or de la culture et du savoir correspondent également la victoire presque totale de la religion fondée par Maan-Tür et l’émergence des premières structures tribales qui aboutiront à l’organisation sociale des Eimääs du XIIIe siècle. En 174, un alchimiste de la cour de l’est parvient à créer une version domestique de la plante connue sous le nom de qään. Les propriétés psychotropes du végétal sont très rapidement utilisées par l’élite religieuse de la région. La culture du qään devient intensive et une école de mystique quiétiste où l’usage de l’enthéogène devient consubstantiel à la pratique spirituelle se développe dans les monts autour de Gaardarev.

* 178-187 : Un mouvement politique d’opposition naît dans le nord. Des nobles et des moines d’origine rimtienne réclament l’indépendance vis-à-vis des rois eimääs et appellent à la renaissance du royaume et de la culture rimtienne épurée de toute influence extérieure. Ils se nomment eux-mêmes les Ossans (d’après un jeu de mot basé sur l’homophonie entre l’interjection eimää « ossään !» signifiant « dehors ! » et l’adjectif polysémique rimtien « odzán » pouvant se traduire par « pur », « sans mélange », « authentique », ou encore « premier », « ancêtre »). Borgalbak de Qajag, sympathique au mouvement, divorce de Maan-Tür en 179 et rejoint sa famille. Elle meurt l’année suivante et les Ossans accusent la couronne d’avoir perpétré un assassinat. Maan-Tür répudie ses deux autres épouses nordiques. Suite à quoi, son gendre rimtien enlèvera sa fille et ses enfants pour les emmener loin de Rimta. Selon les annales officielles, ils seront attaqués et massacrés par un groupe de brigands korltiens, mais les Ossans accusent une fois de plus Maan-Tür de meurtre à l’encontre de sa propre famille.Entre 181 et 185, des troupes sont envoyées depuis la capitale de l’ouest dans le nord pour mettre à genoux le mouvement ossan. La paix rétablie, les chefs des insurgés déposent les armes en 187. * 188-237 : Entre 188 et 191, des périodes de sécheresse inhabituelle s’abattent sur les savanes de l’est. Les tribus de la région s’unissent et envahissent thragypto dont les villes sont mises à sac. La capitale du royaume est assiégée par les Eimääs entre 191 et 192 mais ils sont finalement battus par une alliance entre Thragypto et l’Empire. Celui-ci tente de s’emparer des territoires contrôlés par les tribus impliquées dans la guerre contre Thragypto. En 193, les armées impériales sont défaites dans les montagnes autour de la capitale Gaardarev. La même année, Maan-Tür est victime d’une tentative d’assassinat par empoisonnement. La noblesse nordique est accusée par les ministres de la cour et les Ossans reprennent les armes. Dans la période 194-200, une série d’assassinats est dirigée contre les magistrats d’origine eimää et les représentants de la couronne dans ces régions. Les tribus de Gjytlo profitent de cette instabilité politique pour lancer plusieurs attaques qui forcent les Eimääs à reculer plus au sud. En 220, Maan-Tür est la cible d’un nouveau complot et le vieillard ne doit la vie qu’à ses gardes qui parviennent à déjouer l’intrigue. Par la suite, un grand nombre de nobles nordiques sont condamnés à l’exil et se réfugient à Korlt. En 237, Maan-Tür meurt, âgé de 137 ans, et son arrière-petit fils, Maan-Säägän lui succède. Le corps de Maan-Tür est momifié et exposé dans le grand temple royal de Rimta.

* 238-260 : Animé par le souci de fédérer les diverses tribus eimääs, Maan-Säägän instaure un festival de lecture publique de l’Eimoleuleniiuirimtadaamag dont il rédige lui-même une version abrégée. La tentative est un échec : la majorité des tribus du sud-est et du sud-ouest se transmettent déjà oralement l’épopée et la synthèse de l’héritage eimää et rimtien n’est pas source de discorde dans ces zones. Dans le nord, les copies de l’ouvrage sont saisies par les autorités pour empêcher les Ossans de les voler et les brûler, ce qui en bloque la diffusion. En 247, Maan-Säägän soutient les guerriers kjildoriens dans leur lutte contre la tour de Korlt. L’alliance avec la Kjildorie est alors motivée par le soutient que Korlt apporte aux rebelles ossans. Le roi de l’est de l’époque, Toreg dit le Jeune, envoie des émissaires à Okoti dans le but de conclure une alliance capable de vaincre Thragypto et ouvrir une route commerciale maritime entre ses terres et les îles d’Okoti, d’Onskstag et la Confédération de Sylmen. Cette rencontre débouche sur la mise en place d’une flotte composée de guerriers okotis et de pirates sylméniens. Des attaques sur les côtes et les îles de Thragypto ont lieu jusqu’en 250 mais le royaume n’est absolument pas déstabilisé. En 260, Maan-Säägän décède, son fils Maan-Viitolso monte sur le trône.

* 261-281 : En 261 Toreg, roi de l’est, lance la construction des Unilomiikertajad (litt. « jardin des rêves ») à Gaardarev. Plusieurs quartiers sont rasés et leurs habitants déplacés pour permettre la construction des plantations royales de qään, de plantes médicinales et de thé. Ces vastes « jardins » sont entourés d’un mur d’enceinte et deviennent un lieu de plaisir pour les proches du roi. Leur construction se termine en 266. En 270, Toreg meurt et sa fille Kadlaane est couronnée reine de l’est. Elle renomme la capitale en Kertaliiros (litt. « ville des jardins ») en l’honneur de son père. Entre 271 et 275, Kaadlane fait construire la première académie eimää et fonde l’institution du même nom. La cour de Rimta était jusqu’alors le principal lieu de rassemblement et de perfectionnement des intellectuels en dehors des temples. Kertaliiros devient rapidement réputée pour son cursus de médecine et d’astrologie. Dans l’ouest et le nord-ouest, Maan-Viitolso accorde en 268 le droit de faire commerce d’esclave et de pratiquer la peine de mort aux nobles d’ascendance rimtienne pure. Si la mesure parvient à calmer les affects séparatistes du nord, son autorité est mise à mal dans son propre camp. En 269, une épidémie de peste verte frappe Rimta et Maan-Viitolso y succombe la même année, sans descendance. La plupart des habitants quittent la ville et la maladie se propage à travers tout le pays. En 274, Kertaliiros ferme ses portes au moment où la peste quitte les régions des hauts sommets pour se répandre dans les savanes. Alors que les Rimtiens de souche ne semblent pas être affectés par la maladie, un aristocrate du nord, Ygagal de Gürvad, entre dans Rimta et s’autoproclame roi en 275. En 277, l’épidémie est enrayée après avoir décimé environ un tiers de la population totale. Alors que les relations reprennent entre Kertaliiros et Rimta l’année suivante, les Ossans dont les rangs se sont grossis demandent officiellement à Ygagal de refonder le royaume de Rimta et d’en bannir les Eimääs. La demande sera refusée. Ygagal reconnaît publiquement l’autorité de Kaadlane et affirme sa volonté de servir le peuple eimää dans son ensemble. Les Ossans l’assassinent en 281.

* 282 : Fin de la période des deux royaumes. Kaadlane, appuyée par l’ensemble des tribus de l’est et du sud-ouest se proclame unique souveraine des Eimääs. Elle nomme le premier Qangarid (titre militaire signifiant « chef des armées » en langue rimtienne), prénommé Otso, pour rétablir l’ordre et siéger à Rimta. Ce dernier entame une purge violente dont les Ossans et leurs sympathisants sont la cible. La même année, un nouveau mouvement religieux émerge aux alentours de Rimta : l’école dite Kziguu, centrée sur l’étude et la vénération des astres. Les progrès en optique qu’ils réalisent leur permettent de rentrer parmi les cercles de savants les plus respectables de la capitale. Bien que leur doctrine s’éloigne considérablement des dogmes établis par Maan-Tür, ils obtiennent un financement de la part d’Otso pour la construction de plusieurs observatoires dans les hauts sommets.

* 283-375 : Entre 283 et 301, la majorité des familles nobles du nord voient leurs biens confisqués et leurs membres condamnés à l’exil. Korlt leur accorde l’asile. En 300, Kaadlane meurt et sa fille, Kaadligaal, lui succède. En 306, elle fait construire une vaste annexe aux jardins royaux de Kertaliiros pour y établir des ruches. Le miel de qään qui y est alors découvert et produit permet à la cour de s’enrichir par son exportation. Au fil des années, la co-sélection des abeilles et des variétés de qään aboutit à la création d’un psychotrope extrêmement puissant et délétère pour celui qui en consomme à hautes doses. A partir de 308, les alchimistes de la cour mettent au point un procédé de réduction du miel qui permet d’en obtenir une résine solide. La drogue est tout avant tout vendue à la noblesse de l’Empire de l’éternelle lumière, de Numea et de Thragypto. Entre 310 et 370 ca., la région connaît une période de paix et de développement. La démographie remonte la pente creusée par la peste verte. Après la période des deux royaumes marquée par une nette domination culturelle de Rimta et des tribus de l’ouest, la balance penche désormais en faveur de Kertaliiros et de ses souveraines qui règnent depuis l’est. La mystique quiétiste qui s’est développée dans cette région connaît une popularité croissante parmi le peuple. Le courant est appelé Ksu par ses adeptes qui construisent des monastères et des retraites dans les vallées reculées et les déserts. A partir de 354, la religion de Maan-Tür se divise en deux courants : le Maanhit et le Türhit. Le premier est fondé par un groupe de prêtres qui partagent une interprétation messianique et sotériologique des textes ésotériques rédigés par Maan-Tür dans la fin de sa vie. Les adeptes du Maanhit prédisent l’arrivée d’une nouvelle révélation qui permettra d’abolir la dualité ontologique exposée par Maan-Tür. Leurs adversaires qui soutiennent la vision du Türhit rejettent l’autorité du corpus sur lequel se fonde le Maanhit. Le Türhit postule que la révélation de Maan-Tür est accomplie et que toute notion d’unité, passée, présente, ou à venir est une illusion et une hérésie. Kaadalbak, qui succède à Kaadligal, sa mère, en 345, reconnaît officiellement le Türhit et le Ksu comme les deux vaatlapitaed (litt. « vues ») correctes, les deux interprétations complémentaires mais non réductibles sur la révélation primordiale de Maan-Tür. Kaadalbak est considérée comme la troisième sainte eimää (après Maan-Tür et Maan-Säägän) par ces deux écoles. L’œuvre poétique conséquente de la reine est intégrée au canon officiel de la religion eimää. Autre signe de l’influence culturelle de l’est sur l’ensemble du peuple, les tentes nomades qui étaient jusqu’alors construites en forme de dôme cohabitent dès la seconde moitié du quatrième siècle avec des modèles triangulaires imitant l’architecture des fameuses ruches de Kertaliiros. De même, l’abeille devient un motif récurrent dans l’artisanat, en particulier dans la bijouterie – tendance encore d’actualité au quatorzième siècle. En 374, la construction d’une cité qui allait devenir Köörmagas est lancée à mi-chemin entre Kertaliiros et Rimta. A la fin de l’année suivante, les descendants de l’ancienne noblesse nordique rimtienne attaquent depuis Korlt à la tête d’une armée.

* 376-393 : Première guerre Ossano-eimää.

Démographie et ethnies[modifier]

Démographie[modifier]

Ethnies[modifier]

Religion, croyances et idéologie[modifier]

Religion[modifier]

Politique étrangère[modifier]

Organisation sociale[modifier]

Les tribus sont dualistes et semi-nomades. Chacune est divisée en deux groupes bien distincts qui se nomment eux-mêmes d’après le nom de leur tribu suivi du nom « lääva » (jour) ou « oidöö » (nuit), respectivement. Chaque groupe passe une moitié de l’année dans le village de la tribu, se livrant à l’agriculture et à l’artisanat, et une seconde moitié à mener les troupeaux, chasser et échanger des biens avec les autres tribus en devenant entièrement nomade. Tous les trois ans, une rotation a lieu et les deux groupes passent une année consécutive à assurer leurs activités sédentaires ou nomades.

Les moments de l’année où les deux groupes échangent leurs rôles sont marqués par d’importantes festivités qui s’étalent sur une quinzaine de jours. Il s’agit également de la période durant laquelle les mariages sont célébrés et où les jeunes des deux clans se rencontrent. En effet, du point de vue tribal, les mariages sont généralement endogames, mais doivent toujours s’effectuer entre membres de groupes différents. Lors d’un mariage le mari rejoint le clan de sa femme pour le reste de ses jours. Pour qu’un mariage puisse être célébré, les jeunes doivent auparavant s’échanger des promesses de fiançailles (symbolisées par des anneaux d’or et d’argent) trois années consécutives.

Traditionnellement, la vie d’un Eimää est divisée en plusieurs périodes selon la classe d’âge à laquelle il appartient. Durant l’enfance, c’est-à-dire depuis sa naissance jusqu’à ses quinze ans, il n’a aucun devoir social et est encouragé à passer la plupart de son temps avec les autres enfants de la tribu. La majorité des groupes eimääs possèdent ainsi une tribu à l’intérieur de la tribu constituée par les plus jeunes. Fait intéressant, ces groupes disposent d’une culture ludique riche et très complexe qui permet la transmission des savoirs nécessaires à la vie adulte. Ainsi, les jeux les plus répandus parmi les différents clans impliquent des variantes sur les thèmes de la course à pied, de la lutte, du tir à l’arc ou du lancer du javelot. Les jeux de balles sont également très communs bien que les règles varient souvent du tout au tout selon les tribus.

A partir de quinze ans, un Eimää est considéré majeur (statut qui se résume négativement à l’interdiction de demeurer dans la société puérile décrite ci-dessus), et entre dans une période de latence jusqu’à ses vingt ans. Durant ces cinq années, il est tenu de participer durant la moitié de son temps aux activités de chasse, de cueillette ou d’agriculture. L’autre moitié est consacrée à l’apprentissage d’un métier auprès d’un maître qualifié. Il est généralement admis qu’un jeune se voue aux activités nomades à plein temps durant la moitié de l’année, et à sa formation professionnelle durant les mois de sédentarité. A ce niveau, une relative ségrégation des sexes est observable. Les hommes ont tendance à se tourner vers la forge, la charpente, ou le bûcheronnage. Pour leur part, les femmes choisissent davantage les métiers de meunière, tisserande, potière ou encore apicultrice. Reste qu’un grand nombre d’Eimääs choisissent de se vouer entièrement à l’agriculture et à la chasse, auquel cas il n’y pas de division réelle dans leur temps de travail. C’est également lors de cette période de latence que les jeunes Eimääs peuvent choisir de devenir moines, nonnes ou ermites (cf. section religion).

Une fois qu’un Eimää atteint la vingtaine, il est considéré comme adulte et acquiert le droit de se marier et d’avoir des enfants. Il exerce dès lors son activité à plein temps ou à mi-temps selon que la possibilité de continuer son travail durant les mois de nomadisme existe ou non.

Enfin, lorsqu’un Eimää atteint la cinquantaine, il quitte son clan et devient entièrement sédentaire. Il résidera dès lors dans la vanaarev (litt. « vieille bâtisse »), sorte de vaste tour circulaire édifiée au centre du village. Les anciens y vivent en communauté et s’occupent de la gestion de la tribu, de la résolution de ses conflits internes et externes, des contacts avec les autres tribus ou peuples, et d’autres tâches administratives. Au moment de l’installation dans la vanaarev, toutes les possessions matérielles de l’Eimää sont léguées à ses descendants.


Organisation politique[modifier]

Agglomérations, routes et fortifications[modifier]

Liste des villes[modifier]

Chaussées[modifier]

Armée[modifier]

Armée terrestre et flotte[modifier]

Armée terrestre[modifier]

Flotte[modifier]

Armement[modifier]