Royaume de Vultikh'a
{{Infobox etat |name=Royaume de Vultica |image=Blason Vultica.svg |caption=Emblème de Vultica |date de fondation=1003 |date de dissolution= |population=+/- 250 000 |religions=Bithéiste Nadôlush et [[Udârh] |politique=Tyrannie |capitale=Vultica |leader= }}
Deux ethnies peuplent le territoire du royaume de Vultica : Les golemis et les lukavetis. Les deux races sont nommées « grisâtres » par leurs voisins en raison de leur coutume voulant qu'ils se badigeonnent cendre et encens sur la peau. Ethymologiquement « golemi » vient de « gôl » (grand) et « emih » (puissant). « Lukaveti », au contraire, vient de « Lukâh » (petit) et « vetih » (malin). Nombreux sont ceux qui pensent que ces deux races ne sont pas humaines. Les golemis sont remarquablement constitués : hauts de plus de 2 m, très massifs, ils contrastent avec les lukavetis, dépassant rarement 1,6 m et très frêles. Rien d'étonnant à ce que les premiers dominent les seconds.
La première mention des golemis est faite par des chroniqueurs du royaume de Dangten, qui racontent l'invasion de ce peuple vers l'an 526, en provenance de l'est. Ils se sont ensuite assez rapidement installés dans les monts Noldenis. Les lukavetis semblent être apparus plus tardivement, vers l'an 700. Une théorie prétend qu'il s'agirait d'une race résultant du croisement entre des golemis et des pygmées du sud. Quoiqu'il en soit, les lukavetis furent très longtemps asservis, ne bénéficiaient d'aucun droit et servaient très couramment de victimes sacrificielles. Des révoltes éclatèrent à nombreuses reprises, mais furent réprimées au cours de génocides massifs. Ce n'est que tardivement, lors de la fondation du royaume de Vultica en 1003, que les lukavetis acquirent officiellement un statut et des droits, si peu nombreux et respectés soient-ils. Il est probable qu'Illahun aie facilité cette unification afin de mieux affaiblir Dobethem et le royaume de Dangten. En tous cas, les raids des grisâtres semblent remarquablement peu affecter la cité marchande, au contraire de leurs autres voisins. Ce qu'Illahun a bien pu leur offrir, en revanche, reste l'objet de spéculation douteuses.
La démographie de ces deux races laisse perplexe de nombreux chroniqueurs. Aussi bien les golemis que les lukavetis semblent avoir un taux de fertilité surprenant. Ainsi, malgré les raids incessants qu'ils mènent, et un taux de mortalité infantile vraisemblablement élevé ils seraient plus de 250 000 dans le royaume. Certains prétendent que les femmes de ces deux races ont fréquemment des jumeaux, voire des triplés, ce qui compenserait ces pertes. Mais n'ayant que peu de contacts avec l'extérieur -en dehors des raids- et ayant une culture principalement orale, on sait véritablement peu de choses sur ce peuple.
Affectant les montagnes et les steppes, ils vivent dans des conditions pénibles, se nourrissant de la chasse, de la cueillette, mais surtout de leurs troupeaux. La région est en effet riche en grands herbivores, tels que des bisons et des antilopes. Les « grisâtres » méprisent le travail de la terre, car ils craignent de réveiller les démons infernaux qui y dorment.
Le mont Vultica, où est installée leur capitale éponyme, culmine par une sorte d'immense geyser, lequel s'est rapidement imposé comme lieu de culte. On ignore en réalité de quoi il s'agit vraiment, mais il semble projeter de l'eau en provenance de l'autre côté du monde, ainsi que des cadavres de créatures inconnues que les grisâtres considèrent comme des démons, ou encore des morceaux de roche brûlants.
Les grisâtres vénèrent deux dieux cyclopes : Nadôlush et Udârh. Nadôlush est le dieu du feu et du soleil. Les grisâtres craignent sa terrible colère, lui qui déverse des fleuves bouillonnants et libère des démons des entrailles de la terre. Pour éviter son courroux, les Golemis sacrifient quotidiennement des sacrilèges -généralement lukavetis- au dieu en les faisant plonger dans le geyser, qui représente à leurs yeux la bouche de Nadôlush. Lorsque qu'il recrache les restes des victimes ébouillantées, les cadavres sont servent à fabriquer un onguent sacré de couleur grisâtre dont se badigeonnent les deux ethnies. Nadolûsh observe son peuple le jour de son œil unique qui voit tout (le soleil).
Udârh est le dieu de la guerre. Chevauchant un bison, il parcourt le monde durant le jour et veille sur les peaux grises la nuit (l'ournée représente son œil). Les grisâtres préfèrent se battre lorsqu'ils se sentent au centre de l'attention du dieu, c'est à dire lorsque l'ournée est la plus proche. Les chevaucheurs de bisons golemis (les Apan'onârhs) sont l'élite sacrée du dieu.
L'armée est séparée suivant les deux castes raciales : les golemis méprisent les armes de jets, aussi utilisent-ils les lukavetis pour faire usages de frondes, javelots et arcs courts, aux projectiles souvent enduits de poison -par ailleurs similaire à ceux employés par les pygmées du sud-. Les lukavetis sont aussi agiles que rusés, et tout étranger pénétrant les monts Noldenis est rapidement taillé en pièce par leurs pièges. Ils servent généralement à affaiblir l'ennemi lors d'une bataille, et sont bien souvent massacrés par les golemis lorsque l'adversaire et assez affaibli, ou lorsqu'ils n'ont plus envie d'attendre. Les lukavetis ne portent pas d'armure ni de bouclier, préférant la fuite au corps à corps. Certains clans des plaines montent des antilopes, ce qui rend leurs raids encore plus redoutés. La deuxième caste, celle des golemis, est constituée de troupes lourdes. N'excellant pas dans la métallurgie, ils portent en général du cuir bouilli, mais méprisent les casques qui les empêchent d'être reconnus par Udârh et se passent fréquemment de boucliers. Leur arme de prédilection est la masse en bois, renforcée de pointes de métal ou de roches tranchantes, qu'ils manient avec une telle force que les armures adverses n'ont guère d'utilité. Ils combattent à pied ou montés sur des bisons.
Les grisâtres adorent guerroyer. C'est même un des seules occupations des golemis, exempts des travaux qu'ils imposent aux lukavetis. Aussi envahissent-ils fréquemment leurs voisins. Des affrontements ont souvent lieu entre Marganei et les Golemis pour prendre possession de deux gisements de minerais dans les monts Noldenis. De fait, ce sont les seuls gisements de cuivre et d'étain de la région. Les golemis cherchent à en avoir le contrôle pour équiper leurs troupes d'armures de bronze, une idée qui semble leur avoir été suggérée par une tierce faction. Ils lancent également des raids sur les caravanes de Dobethem et sur les terres du royaume de Dangten, qui peine de plus en plus à contenir ce féroce voisin. Les golemis semblent en revanche craindre et haïr tout à la fois les pygmées de l'empire piacapotzin, qu'ils massacrent férocement et dont ils portent parfois les peaux en guise de trophées.
Située sur le mont qui porte son nom (Vultica Ghôr) la capitale contraste avec le reste du territoire. Si la plupart des locaux habitent dans des huttes de bois, le centre de Vultica est splendide. En effet, les golemis maîtrisent parfaitement le travail du marbre. Seuls les plus nobles (les Moki Ghôrods) peuvent habiter dans des habitations faites de marbre. Une statue à leur effigie trône bien souvent devant leur demeure afin que tous sachent qui y habite. Le reste des golemis (les Grâganis) vit en périphérie dans des demeures de bois, et les lukavetis dans des sortes de bidonvilles aux abords de la cité. Chose plus surprenante encore que le travail du marbre, celui de la soie est maîtrisé par les lukavetis qui le tisse à merveille. Les meilleurs tisseurs ont le privilège d'habiter près des golemis et de jouir de certains de leurs droits, comme celui d'assister à des jeux tels que des combats entre fauves et golemis, ou des mises à morts. Le système politique est lié à la noblesse des golemis. Plus ceux-ci ont prouvé leur courage, plus leur statut est élevé. Le plus noble siège comme roi (gosphôr) à Vultica et règne sur l'ensemble des griâstres. Il demande des rapports aux nobles de moindre statut. Lorsque ceux-ci désirent accéder à son titre, soit le gosphôr reconnaît la plus grande bravoure de son concurrent, soit il l'affronte en duel à mort. Les peaux grises abhorrent l'eau. En effet, être mouillé implique de perdre leur couleur grise et donc la protection de leurs dieux. Un golemi dont on voit la couleur de la peau est aussitôt maudit et banni du clan. Si leur ongent supporte un peu de pluiem les orages et les averses les épouvantent, sans parler de la mer. Si les plus braves des leurs ont récemment traversé la forêt des astres, ils n'ont pas encore établi de village aux abords de la mer, se contentant de piller les caravanes transitant de Marganei à Dobethem. Les conditions d'hygiène sont donc déplorables, mais paradoxalement, leur tradition étant ancestrale (antérieure à leur arrivée sur ces terres), la nature a déjà prélevé son dû et les survivants sont immunisés à la plupart des maladies. On suppose que seuls les plus robustes ont survécu, d'où la force des golemis. Les lukavetis disposeraient d'un système immunitaire moins performant, compensé par un très haut taux de natalité.