« Doloṙoṙ Mortepitié » : différence entre les versions

De Nagdad
Aller à : navigation, rechercher
>Grand Maître de l'Ordre
mAucun résumé des modifications
>Laern
m (Remplacement de texte — « Catégorie:Personnages en vrac » par «  »)
Ligne 108 : Ligne 108 :
[[Catégorie:Grands maréchaux de l'ordre de l'imperfectible]]
[[Catégorie:Grands maréchaux de l'ordre de l'imperfectible]]
[[Catégorie:Généraux]]
[[Catégorie:Généraux]]
[[Catégorie:Personnages en vrac]]

Version du 20 juin 2018 à 12:08

Doloṙoṙ Mortepitié
[[File:{{{image}}}|250px]]
Doloṙoṙ en 1245
Résumé du personnage
Date de naissance: 1212
Faction: Ordre de l'Imperfectible
Fonction: Grand Maréchal de l'Ordre
Famille: Père: Vṙenzaz Bonne-Chance (décédé)
Mère : Danuṙia (décédée)
Frères et sœurs : Geoṙl (décédé), Kaeṙes, une grande sœur, une petite soeur, deux demi-frères et trois demi-soeurs.
Religion: Culte de l'Imperfectible

Grand Maréchal de l'Ordre depuis 1244, Doloṙoṙ est le quatrième enfant de Vṙenzaz Bonne-Chance, ancien capitaine de la 1ere légion, la Garde de Nobleroc et de Danuṙia, une noble kaerine.

Jeunesse

Doloṙoṙ est né en 1212 à Nobleroc. Élevé dans un milieu très pieux et puritain, il verra sa foi renforcée par le rétablissement de son père, Fṙenzaz, tombé gravement malade alors que Doloṙoṙ n'avait que sept ans. Ce-dernier pria assidûment pour le rétablissement de son père, alors que peu croyaient qu'il survivrait à sa maladie. En effet, Fṙenzaz était déjà âgé de 51 ans. Par miracle, Vṙenzaz survécu, et Doloṙoṙ sera convaincu que l'Imperfectible a répondu à ses prières.

Premières armes

A l'âge de 16 ans, soit en 1228, il entre dans l'Ordre dans le même légion que son père, à la suite de ses frères aînés, Geoṙl et Kaeṙez, respectivement âgés de 19 ans et 17 ans. Il sera écuyer de Bizol le Tenace, récemment promu chevalier suite au décès du chevalier dont il était lui-même écuyer. Les deux jeunes hommes sympathiseront rapidement, et feront leurs premières armes ensembles en escortant un convoi.

En 1240, les kaers violent un traité de non-agression et mettent Villeneuve à sac. La loge Juridique demande alors qu'on exécute tous les otages kaers en représailles. Vṙenzaz, marié notamment à Danuṙia, une noble kaerine, refusera de la livrer et réclamera des représailles purement militaires, sous la forme d'une expédition punitive. Laeṙn Hauteflammes, Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux le fera juger comme traître, malgré les réticences du Grand Maître de l'Ordre Gabeṙ Longue-Lance. Frenzaz subira donc l'Écartèlement pentagonal aux côtés de son épouse, et de nombreux nobles kaerins. Horrifié, Doloṙoṙ vouera dés lors une haine tenace envers Laeṙn, qui s'en méfiera toujours. Ses proches affirment qu'il ne fut plus jamais le même homme par après. Il semble en tous cas certain que et sa foi en pris un coup solide. Parmi les membres de la famille, Kaeṙez, un de ses frères aînés, sera le plus affecté. Il quittera l'Ordre et finira par fomenter un rébellion pour laïciser le gouvernement gottärien et éradiquer la loge juridique.

Cette riposte odieuse déclenchera une guerre féroce, au cours de laquelle Doloṙoṙ et Bizol ne prendront guère part de part le statut particulier de leur légion, devant rester à Nobleroc. Ils parviendront cependant à déjouer un tentative d'infiltration kaerine, ce qui sauva peut-être la ville. En récompense, et suite à la mort apparemment accidentelle du lieutenant de leur unité lors de l'intervention, Bizol, alors lieutenant, est promu capitaine de la 1ere légion, la Garde de Nobleroc. Il choisit alors Doloṙoṙ pour le remplacer en tant que lieutenant. D'aucun affirment que ce dernier est à l'origine de l'accident qui tombait étrangement à point nommé.

Guerre des arbres pourpres

En 1242, Quilan le fléau envahi l’état gottärien, déclenchant la Guerre des arbres pourpres. Le début de la guerre vit les armées de l'Ordre, réputées jusqu'alors invincibles, subir d'écrasants revers. Talat le Confiant, alors Grand Maître de l'Ordre, décide d'affronter les impériaux avec tous les chapitres disponibles, ne laissant en garnison que les écuyers et la 1ere légion (à Nobleroc).

Après la défaite du chapitre de Rivefolle, peu avant l'hiver, environ 15 000 soldats impériaux mettent le siège devant Nobleroc. Talat ayant besoin des réserves de la ville pour tenir à Apreplaine, Bizol décide de forcer le blocus. Récoltant le plus d'informations possibles l'armée assiégeant Nobleroc, il apprend que les impériaux sont menés par un homme superstitieux qui n'envisage pas une victoire sans le soutien de la lumière. Il apprend aussi où se trouve leur tente de commandement. Il confie alors à Doloṙoṙ le soin de mener une percée nocturne à la tête des écuyers. L'opération prend les impériaux de court, et leur commandant est rapidement éliminé. S'ensuit alors une déroute générale des impériaux, pourchassés par la cavalerie des écuyers. On estime que près de 3000 impériaux périrent lors de l'affrontement. Profitant de son succès, Bizol fait aussitôt envoyer des vivres à Apreplaine.

Peu après, Quilan parvient à convaincre Talat de le défier en combat singulier, et le tue d'un dard empoisonné. Le Grand Maréchal Kiṙnon Nez-plat reprit l'armée gottärienne en main, tandis que Soṙan Main-moite, anciennement Grand Commandeur, était nommé Grand Maître. qui succéda à Talat comme Grand Maître.

Fin 1243, la situation est critique. Malgré le départ de Fṙaægṙal le Gris et de l'armée kaerine, les impériaux contrôlaient les trois places-fortes le long de la Méhade et avaient annihilé le tiers des chevaliers gottäriens (plus de 5000 hommes) ainsi que son Grand-Maître. De son côté, l'Ordre avait seulement éliminé un nombre équivalent d'impériaux (dont plus de la moitié devant Nobleroc), ce qui représentait une bien moindre proportion de leurs forces.

Au printemps 1244, Quilan remporte une bataille rangée décisive contre Kiṙnon lors de la bataille du ciel de feu. Soṙan, qui n'avait pas participé à la bataille, revint à Nobleroc pour y soutenir le siège qui ne tarderait pas à venir.

Bizol étant désormais le plus haut gradé de la loge militaire, il obtint le titre de Grand Maréchal, et siégeait au Conseil. Comme lui, Beleṙan le Bonisseur le Grand Commandeur et Harland Sobrelangue le Grand Maître Ingénieur reprochaient à Soṙan sa lâcheté et son inaction. Laeṙn Hauteflamme le Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux et Damol le Manchot le Grand Maître des Arts étaient plutôt d'avis que la faute incombait à Kiṙnon : s'il avait obéi aux ordres de Soṙan, la débâcle aurait été évitée.

A trois avis contre un, le Conseil Suprême ne pouvait destituer Soṙan. Cependant, Doloṙoṙ, conscient de l'opportunité que comportait les reproches faits à Soṙan, réussi à convaincre Ṙain le chroniqueur de rejeter lui-aussi le blâme sur le Grand Maître. Ainsi, la chronique de la bataille du ciel de feu valut rapidement à Soṙan son suffixe de « Main-moite », et sa survie fut assimilée à de la lâcheté. Comment le Grand Maréchal Kiṙnon et tous les chevaliers pouvaient-ils être tombés valeureusement au combat alors que le Grand Maître était encore en vie ? La Règle de l'Ordre interdisait pourtant clairement la fuite, en particulier pour un commandant !

Au grand étonnement de tous, cette critique acerbe poussa Soṙan à admettre devant le Conseil Suprême qu'il était dépassé par les événements et incompétent pour résoudre l'affaire. Il nomma alors Bizol comme successeur, au vu de ses résultats lors du siège de Nobleroc, la seule victoire gottärienne depuis le début de la guerre. A 36 ans, il s'agissait du plus jeune Grand Maître de l'Ordre de l'histoire. Cette nomination devait être ratifiée par au moins deux des quatre membres survivants du Conseil Suprême. Beleran et Harland soutinrent Bizol, et le vote fut ratifié. Laeṙn, le parti le plus probable au vu de ses nombreuses années de service et de sa grande influence, ne digérera jamais ce qu'il considéra comme un affront intolérable.

Celui-ci nomma aussitôt Doloṙoṙ, alors âgé de 32 ans comme Grand Maréchal, faisant de lui le plus jeune homme ayant jamais occupé ce poste. Malgré les nombreuses critiques, force était d'admettre que la situation était catastrophique pour la loge militaire, tous les gradés ayant été tués : une telle nomination était nécessaire, et Doloṙoṙ s'était déjà distingué lors du siège de Nobleroc.

Rassemblant ses forces, Bizol quitta la ville à la tête de 720 chevaliers, le double d'écuyers et environ 10000 miliciens recrutés et fanatisés au cours des deux années de siège en échange de vivres. Il pouvait donc compter sur 12 000 hommes, appuyés par de nombreux membres de la loge du génie.

Tandis qu'il se dirigeait vers Apreplaine par le chemin le plus direct, entre les Monts noirs et les Monts de la rédemption, Bizol détacha environ 300 cavaliers (ce qui était relativement inédit, puisque cela impliquait de rompre la structure classique des unités de combat de l'Ordre) dont il confia le commandement à Doloṙoṙ. Celui-ci devait faire diversion au sud d'Apreplaine afin de permettre au gros des troupes d'atteindre la ville sans être interceptés par l'armée de Quilan.

Doloṙoṙ passa donc par un défilé des Monts noirs, gardé par la forteresse de Mornetour, et déboucha dans les plaines, au sud de la position des impériaux. Quilan, occupé à assiéger Apreplaine, ne se doutait pas que les gottäriens fussent encore disposer à se battre après leur récente défaite, et Doloṙoṙ tomba par surprise sur l'armée impériale, éparpillée dans les champs pour fourrager. Il en massacra plus d'un millier avant de se replier hors de vue.

Se doutant que la cavalerie n'agissait pas seule, Quilan leva hâtivement le siège d'Apreplaine afin de se porter à la rencontre de l'armée gottärienne, qui, selon lui, suivait la cavalerie. Il se posta donc là où les autochtones lui avaient indiqué le défilé emprunté par Doloṙoṙ. Ses éclaireurs lui apprirent cependant rapidement que nul armée n'était en vue. Et pour cause, Bizol, à la tête de l'infanterie, arrivait par le nord en longeant la rivière Kewuth. Aussitôt qu'il en fut averti, Quilan se porta à sa rencontre, mais il était trop tard : la rivière s'étendait entre l'armée gottärienne et son armée, et le seul moyen de la franchir rapidement était d'emprunter le pont défendu par Apreplaine. Secondé par la garnison de la ville, Bizol balaya les forces impériales postées sur la rive est, et entra dans la ville, où il put lever de nouvelles forces.

Harcelé par Doloṙoṙ qui malmenait ses fourrageurs tel un démon insaisissable, Quilan ne pouvait espérer cacher son avancée. Il envoya alors une délégation pour négocier la fin de la guerre, à la condition de conserver les trois places-fortes conquises jusqu'alors. Bizol refusa fermement, et déclara que l'issue de la guerre se réglerait sur champ de bataille. C'est ainsi qu'eut lieu la bataille du divin châtiment, que nous a rapporté Rain le chroniqueur. La victoire fut du côté de l'Ordre, cependant, les versions divergent. Certains affirment que Quilan fut tué par Bizol en personne dés le début de l'affrontement, selon d'autres il périt noyé durant le débâcle qui suivit. Quant aux impériaux, ils affirment que Doloṙoṙ arrangea son assassinat. Cette dernière version fut secrètement encouragée par Doloṙoṙ lui-même, qui s'en servit afin d'étoffer son aura de crainte. Parmi les victimes de la bataille figure notamment Georl, frère ainé du Grand Maréchal, récemment promu capitaine de la 1ere légion. Doloṙoṙ sera plus affecté par sa mort qu'il ne le laissera paraitre.

Complainte de Rocbois

Lors de la déroute qui suivit, Doloṙoṙ devança les impériaux tentant de se replier sur Rocbois, les tailla en pièces lorsqu'ils émergèrent de la Forêt des arbres pourpres. Il laissa finalement un détachement impérial s'échapper, et les rattrapa alors qu'ils franchissaient la porte. Conscient du danger, le capitaine occupant la place forte tenta de relever le pont-levis, mais la masse de soldats qui se bousculaient pour entrer l'en empêcha. Il fit alors abaisser la herse sur ses troupes, condamnant la centaine de malheureux restés dehors, bien qu'il fit disposer des archers sur les remparts pour dissuader le Grand Maréchal de charger. Ce dernier fit mettre pied à terre à ses cavaliers (il n'en disposait qu'une bonne centaine), organisa un mur de boucliers et s'approcha des impériaux paniqués. Protégés par leurs armures, les gottäriens arrivèrent rapidement au contact et n'eurent guère de peine à massacrer les soldats impériaux, désorganisés, terrifiés et parfois désarmés. Malgré l'interdit de la Règle de l'Ordre, il fit une vingtaine de prisonniers, et annonça aux défenseurs qu'il en écartèlerait un par jour si les impériaux ne lui rendaient pas la place-forte. Il n'eut pas besoin de leur promettre un sauf conduit : Rocbois possédait un pont protégé par son enceinte, permettant de franchir la Méhade et de rejoindre l'Empire. Le capitaine impérial hésitait : les gottäriens n'avaient que peu de troupes, alors qu'il en disposait d'un bon millier. De plus, la population le suppliait de ne pas les abandonner alors qu'elle avait secondé les impériaux pour prendre la place. Aussi céda t-il aux suppliques des citadins, ignorant les avertissements de ses hommes. Il envoya un message à l'empereur pour demander des renforts, et décida de maintenir sa position. Pour sa part, Doloṙoṙ envoya un message à Portbrume pour réclamer une légion d'écuyers.

Le premier écartelé hurla si fort que de nombreux impériaux rescapés de la bataille du divin châtiment se mutinèrent et fuirent par le pont, tuant au passage plusieurs de leurs camarades. Le deuxième jour, la victime choisie se montra moins loquace, et Doloṙoṙ le renvoya aux impériaux vivant, mais si affreusement mutilé que certains frères demandèrent à quitter l'unité pour recevoir confession. La permission leur fut évidement refusée. Le Grand Maréchal savait probablement que les impériaux ne rendraient pas la forteresse, mais soit il désirait gagner du temps, soit il savourait réellement ses séances de torture.

Lorsqu'il commençait à faire écarteler un nouveau prisonnier à l'aube du troisième jour, un messager arriva, annonçant à Doloṙoṙ qu'il allait bien recevoir une légion complète d'écuyers, laquelle devrait arriver dans les trois jours. Satisfait, le Grand Maréchal envoya un messager aller à leur rencontre et leur dispenser des instructions précises pour la prise de la ville : les écuyers devraient rester cachés dans les bois environnants, tandis qu'il attirerait les impériaux hors de la ville. Ils tomberaient ensuite sur ces derniers, et, pour citer Doloṙoṙ « Nous ferons en sorte que cette maudite forêt soit aussi rouge de leur sang que de celui de nos frères ».

Le problème principal était de convaincre les impériaux d'effectuer une sortie. Se trouvant déjà à dix contre un, cela aura du leur suffire, mais leur capitaine jugeait plus prudent de profiter des protections formidables de la forteresse en attendant des renforts, d'autant qu'il pouvait recevoir un approvisionnement sûr depuis l'Empire, Doloṙoṙ ne pouvant espérer franchir la Méhade. Il tenta de traiter le capitaine de couard, de lui promettre l’écartèlement s'il s'obstinait à demeurer dans la place, son adversaire refusait toujours de sortir, pressentant à juste titre que l'insistance du Grand Maréchal trahissait son impuissance.

Le lendemain, Doloṙoṙ fit mettre à mort un jeune soldat impérial qui ne devait guère avoir plus de 16 ans. Alors qu'il commençait à être écartelé devant les remparts, il hurla en appelant son père à l'aide. La chose serait passée inaperçue tant elle est classique pour un supplicié de cet âge, mais les portes de la ville s'ouvrirent enfin. Il se trouvait, par un heureux hasard pour Doloṙoṙ, que le jeune homme était le fils du capitaine de la place forte, lequel ne pouvait supporter davantage les hurlements de son enfant.

Immédiatement, Doloṙoṙ fit rebrousser chemin à ses cavaliers, non sans emmener avec eux les suppliciés. Le fils du capitaine fut maintenu attaché par la cheville à l'un des chevaux l'écartelant, et trainé derrière les gottäriens tel un appât sanguinolent. Les impériaux allaient rattraper les fuyards quand soudain, les écuyers surgirent de la forêt et les tournèrent par le flanc. Paniqués et ignorant le nombre exact de gottäriens, les impériaux flanchaient déjà. La plupart de ceux qui se trouvaient entre les écuyers et Rocbois se replièrent promptement sur la place-forte, tandis que les autres, menés par le capitaine, se défendirent avec acharnement, emportant avec eux près de 200 gottäriens. Les fuyards impériaux trouvèrent une fois de plus portes closes. La population locale ayant flairé le retournement de situation, elle s'était débarrassée des derniers grades impériaux et avait relevé le pont-levis. Plutôt que de massacrer les impériaux devant la forteresse, Doloṙoṙ passa un marché avec eux : ils devraient faire croire à la population qu'ils avaient remporté la bataille et qu'ils l'avaient fait prisonnier, afin que la population leur ouvre à nouveau les portes. Cela fait, ils quitteraient aussitôt la ville après s'être assuré que l'armée gottärienne ait pu pénétrer dans l'enceinte. N'ayant rien à perdre, les soldats acceptèrent. Les citadins, en revanche, étaient mal-pris car ils venaient de se débarrasser de la garnison impériale. Cependant, la vue de la centaine de prisonniers gottäriens, et notamment du Grand Maréchal, attestait bien de la défaite de l'armée gottärienne. Et l'idée d'être assiégée par les impériaux de part d'autre de la Méhade n'était pas rassurante. Sans connaissances supplémentaires sur le reste du conflit, ils firent à nouveau le choix de supporter les impériaux et leur ouvrir les portes. Sitôt à l'intérieur, les soi-disant prisonniers prirent le corps de garde du pont-levis et firent entrer le reste des gottäriens, dissimulés dans la forêt tandis qu'au grand dam des civils, l'armée impériale quittait prestement la place par le pont enjambant la Méhade. Paniqués, une partie de la population quitta la ville à la suite des impériaux. Le reste fit mine de seconder les gottäriens pour les en empêcher.

Lorsque la ville fut définitivement sous contrôle gottärien, Doloṙoṙ fit rassembler tous les civils survivants et proclama qu'ils étaient temporairement graciés le temps que la loge juridique décide de leur cas. En réalité, il attendait uniquement les renforts qu'il venait de demander à Bizol pour reprendre Noblepont. Les renforts arrivèrent environ deux semaines plus tard, sous la forme de deux légions supplémentaires d'écuyers. A peine furent-ils entrés en ville que le Grand Maréchal fit à nouveau rassembler les civils. Cette fois, il leur annonça que la loge juridique avait tranché : ils étaient tous condamnés à mort pour trahison, meurtre de frères de l'Ordre et collaboration avec l'ennemi entropiste. S'ensuivit un énorme mouvement de panique et de révolte, qui fut réprimé dans le sang grâce aux trois légions d'écuyers. On raconte que la boucherie dura quatre jours. La "Complainte de Rocbois" narre comment les civils de tous âges et des deux sexes gisaient dans les rues, dans les caniveaux, dans des charrettes, débités en tranches dans des tonneaux, pendus, écartelés, empalés, mutilés. Doloṙoṙ y gagna son suffixe de "Mortepitié", et une réputation de monstre sanguinaire. Pour les frères de l'Ordre, cet épisode ne faisait certainement pas l'unanimité. La loge juridique, et particulièrement Laeṙn Hauteflamme, condamna fermement le comportement du Grand Maréchal, qui avait outrepassé son mandat pour rendre lui-même une justice indigne de l'Imperfectible et proscrite par la Règle de l'Ordre. Elle pressa donc Bizol de le destituer de son titre et de le livrer à la véritable justice.

Reprise de Noblepont

Le temps que ce-dernier se décide, Doloṙoṙ avait déjà quitté la place, y laissant une garnison d'écuyers, pour se porter sur Noblepont. Là, la situation fut tout autre. Les civils de Noblepont n'avaient, contrairement à ceux de Rocbois, rien à se reprocher. Et ils n'avaient aucune envie de subir le même sort. Pressentant que la population se retournait contre eux, et peu désireux de tenir la ville sans ce soutien, les armées impériales franchir le pont de la Méhade et livrèrent la place sans combattre. Ainsi, le Grand Maréchal n'eut qu'à jurer aux habitants de Noblepont qu'il ne leur arriverait rien de mal pour que les portes lui soient ouvertes. La population l’accueillit en héros libérateur, mais nul ne s'y trompait : cet accueil était feint et les civils terrorisés.

La sanction

Tandis qu'il attendait des nouvelles de Bizol concernant les troupes requises pour la prise de Rivefolle, Doloṙoṙ eut la surprise de recevoir la visite du Grand Maître en personne, accompagné des écuyers de la légion II. Les agissements de Doloṙoṙ pouvant difficilement être couverts, Bizol avait décidé de le remettre aux mains de la loge juridique, et d'assurer lui-même le commandement des armées le temps que son cas soit arbitré. Malgré les protestations de Doloṙoṙ, Bizol le renvoya à Nobleroc, tout en précisant qu'il ne serait jugé qu'à son retour. Il rassembla ses forces et marcha ensuite sur Rivefolle, qui sera livrée par les kaers en échange d'une trêve.

Lorsque Bizol revint à Nobleroc, tout était déjà prêt pour le procès. D'ordinaire, seul le Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux pouvait juger du sort du Grand Maréchal, mais l'animosité opposant les deux hommes était bien connue, et Bizol imposa un procès publique présidé par Laeṙn, mais où les autres frères pourraient également faire entendre leur opinion. Malgré ses réticences, Laeṙn finit par plier, à condition que la loge militaire ne fut-ce pas représentée, si ce n'est en tant que témoins requis par le Grand Inspecteur Inquisiteur. Cette contrainte limitait fortement les chances de prise de position en faveur de l'accusé, largement apprécié de l'armée. De plus, si Doloṙoṙ était reconnu coupable, les soldats qu'il avait mené à Rocbois risquaient de l'être également. Ils n'étaient donc pas partiaux.

Le procès débuta par les témoignages de deux écuyers présents lors du massacre de Rocbois. Doloṙoṙ était ainsi accusé d'avoir outrepassé sa fonction de Grand Maréchal en appliquant lui-même justice, commettant au passage plusieurs violations de la Règle de l'Ordre : la torture, le massacre de civils, le mensonge, la trahison.

Doloṙoṙ reconnu les faits énoncés par les soldats, mais entreprit de se défendre. Premièrement, la torture d'un entropiste était-elle réellement à proscrire ? La vague d'indignation soulevée par sa remarque lui fit comprendre que cet argument ne passerait pas. Deuxièmement, l'accusation « massacre de civils » ne correspondait pas tout à fait à la Règle, celle-ci stipulant : « il est interdit d'attaquer un homme qui n'a pas la chance de s'armer ». Or, les citoyens avaient eu tout le temps de s'armer, mais étaient venus désarmés sur la place. Nouvelle vague de protestations : cet argument tombait à nouveau dans l'oreille d'un sourd. Il n'essaya pas de se défendre face à l'accusation de mensonge, il avait effectivement affirmé aux citadins qu'il était en attentes de nouvelles de la loge juridique alors qu'il attendait des troupes. Il avait donc également trahi leur confiance.

Le Grand Maréchal tenta alors une autre approche. Il affirma qu'il constituait un atout, car il était craint des adversaires de l'Ordre. Si Quilan était le fléau de l'Ordre, Doloro était le fléau des entropistes. Il en voulait pour exemple que Noblepont venait de se rendre à lui sans faire couler de sang sur simple base de sa réputation,désormais établie, de commandant sans pitié. Le vrai gâchis, selon Doloṙoṙ, serait de ne pas profiter de cette réputation. Le massacre des civils de Rocbois aurait alors été vain.

Le Commandeur de Mornetour, Udṙaeṙ Gueux-buteur, pris alors la parole. Il affirma que de nombreux villageois avaient soutenu Quilan, et que l'approvisionnement de l'énorme armée de ce dernier n'avait été possible que grâce à ce soutien. Le soutien des citadins à Quilan lors prise de Rocbois était un autre exemple du caractère pernicieux de la population. Un exemple était nécessaire. Condamner Doloṙoṙ revenait à faire passer le message que l'Ordre ne jugeait pas bon de punir les traîtres. A l'inverse, lui pardonner donnerait aux autochtones l'image d'un Ordre cohérent et soudé, qui ne laisse certainement pas passer de telles collaborations avec l'ennemi. La prise de Noblepont était en effet un bon signal : les civils craignaient le même sort. Mieux : les impériaux craignaient également le Grand Maréchal. Prenant l'exemple de Nekhen, Udṙaeṙ ajouta : « Soyez dur contre le dur et doux contre le doux ». La Règle ne doit pas être une entrave au succès de notre mission : la conversion totale de la population au culte de l'Imperfectible.

Cette intervention souleva un tonnerre d'applaudissements, au grand dam de Laeṙn. Ce dernier ignorait au demeurant que, tout au long de la semaine précédant le procès, Rain le chroniqueur avait fait de son mieux pour narrer les exploits de Doloṙoṙ et l'infamie des citadins de Rocbois, à grand renforts de musiciens. Après un rapide vote à main levé, près de trois quart des frères jugeaient que Doloṙoṙ méritait une peine qui ne nuise pas à la prospérité de l'état gottärien. Le Grand Inspecteur Inquisiteur finit par opter pour une peine « cachée », qui devrait servir d'exemple pour tous les frères mais ne pas être connue de la population. Il serait purifié par le feu si l'Imperfectible l'en jugeait digne, ou périrait dans le cas inverse. Dans les faits, cela constituait à le placer sur un bûcher durant la durée du psaume associé, avant d'éteindre rapidement le feu. Nul ne pourrait souffler mot de cette sanction aux citoyens non membres de l'Ordre. Officiellement, il s'agirait d'un accident.

L'exécution de la sentence eu lieu sur la place du palais de la loge juridique, dans l'enceinte intérieure de Nobleroc. On raconte que Doloṙoṙ semblait rire aux éclats sous les flammes plutôt que de hurler de douleur. Bien que l'on puisse en douter, il survécut indéniablement au bûcher, puis à ses blessures. Il resta en convalescence près de six mois, et restera monstrueusement marqué par les cicatrices de ses brulures.

Il resterait éternellement reconnaissant à Udṙaeṙ et Rain pour leur aide, qui lui avait certainement sauvé la vie. A l'inverse, une haine réciproque animait plus que jamais Doloṙoṙ et Laeṙn.


(à suivre)