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Version du 20 juin 2018 à 10:20

Udṙaeṙ Gueux-buteur fut Commandeur de la province de Mornetour jusqu'à son exécution en 1247.

Les frères de la cinquième province n'ont jamais été réputés pour leur amour des indigènes, et Udṙaeṙ n'échappait pas à la règle. La récente invasion de l'Etat gottärien par Quilan le Fléau, qui avait jouit d'un soutien très marqué de la part des indigènes, n'avait pas contribué à atténuer cette haine. Ainsi, Udṙaeṙ favorisait systématiquement les gottäriens de la race des hommes de l'ombre, au détriment des indigènes. Par exemple, les demandes de subsides soumises à l'hospitalier local ne recevaient de réponse positive que s'ils provenaient d'hommes de l'ombre, et non d'indigènes, et ce malgré les preuves de piété de ces-derniers. De plus, les milices étaient exclusivement recrutées parmi les hommes de l'ombre, et commettaient de fréquentes exactions sur les indigènes, le tout dans la plus grande impunité. Il n'était pas rare qu'un indigène soit battu à mort pour des faits aussi minimes que le vol d'un pain. Cette ségrégation consistait déjà une atteinte à la légalité, mais ne faisait pas suffisamment de bruit que pour poser problème à Udṙaeṙ, qui se satisfaisait du faible taux d'indigènes dans sa province. Il se vantait même de diriger la seule agglomération gottärienne dépourvue du moindre gueux, comme il nommait les indigènes sans considération pour leur statut.

Lors du procès de Doloṙoṙ Mortepitié en 1244, suite à l'affaire de la Complainte de Rocbois, Udṙaeṙ prendra sa défense. Il affirma que de nombreux villageois avaient soutenu Quilan, et que l'approvisionnement de l'énorme armée de ce dernier n'avait été possible que grâce à ce soutien. Le soutien des citadins à Quilan lors de la prise de Rocbois était un autre exemple du caractère pernicieux de la population. Un exemple était nécessaire. Condamner Doloṙoṙ pour avoir châtié la populace revenait à faire passer le message que l'Ordre ne jugeait pas bon de punir les traitres. A l'inverse, lui pardonner donnerait aux autochtones l'image d'un Ordre cohérent et soudé, qui ne laisse certainement pas passer de telles collaborations avec l'ennemi. La prise de Noblepont était en effet un bon signal : les civils craignaient le même sort. Mieux : les impériaux craignaient également le Grand Maréchal. Prenant l'exemple de Nekhen, Udṙaeṙ ajouta : « Soyez dur contre le dur et doux contre le doux ». La Règle ne doit pas être une entrave au succès de notre mission : la conversion totale de la population au culte de l'Imperfectible. Ce soutien s'avéra déterminant, et sauva vraisemblablement la vie à Doloṙoṙ. Udṙaeṙ gagna du même coup la reconnaissance du Grand Maréchal et le ressentiment du Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux Laeṙn Hauteflamme.

En 1246, une indigène nommée Silëna la défiante décida d'organiser une série de protestations pacifiques après que son frère fut battu à mort par la milice sous prétexte qu'il encombrait le passage d'un pont avec sa charrette. Après un séjour prolongé à Nobleroc, elle s'était familiarisée avec le cadre juridique de l'Ordre et comptait bien l'utiliser pour obtenir réparation et mettre fin à ces exactions. Ainsi, elle savait notamment qu'un citoyen pouvait facilement être condamné à mort pour "incitation à la rébellion", et fit en sorte que son mouvement soit pacifique. Lorsque Udṙaeṙ eu vent des protestations dans sa province, il envoya Nakṙaz le fratricide, le Maréchal de la province pour disperser les manifestants. En voyant arriver les troupes de l'Ordre, Silëna cria haut et fort à qui voulait l'entendre qu'il s'agissait d'une grave violation de ces droits civiques et que toute atteinte physique à leur égard serait rapportée en haute instance. Craignant qu'un citoyen ne le dénonce auprès de l'inquisition, Nakṙaz joua la carte de la prudence, et fit son rapport à Udṙaeṙ. Furieux, il lui intima de trouver une solution "peu voyante", afin de leur faire comprendre à quel jeu ils jouaient.

Nakṙaz pris son rôle très à coeur, et envoya un détachement de cavaliers qui pénétrèrent de nuit dans le village de Silëna. Ils repérèrent sa maison, y enfermèrent ses habitants et y boutèrent le feu avant de s'éclipser aussitôt. Malheureusement pour lui, Silëna était en réunion avec d'autres responsables de son mouvement de protestation, dans une autre bourgade. Et on venait de massacrer ses parents et sa plus jeune soeur.

Se faisant passer pour morte, elle parvint en quelques semaines, avec le soutien de la population locale, à convaincre des milliers d'indigènes de se rassembler pour une marche à Mornetour afin de réclamer justice. Ainsi, sans que Udṙaeṙ ne l'ait vu venir, des indigènes commencèrent à s'amasser au compte-goutte devant la citadelle. D'abord une dizaine, puis des centaines, puis des milliers. Et soudain, Silëna sorti des rangs réclama justice devant les portes de Mornetour. Udṙaeṙ, fou de rage, feignit de bien vouloir négocier avec eux s'ils prenaient la peine de le rencontrer dans son château, au centre de la citadelle. l'honneur était grand, car si tous peuvent officiellement pénétrer à Mornetour, seuls les membres de l'Ordre ont accès à l'enceinte interne de la citadelle. Persuadée que Udṙaeṙ craignait que son mouvement ne prenne de l'ampleur, elle s’avança dans la citadelle à la tête de près de 5000 indigènes, sous les regards incrédules des frères de l'Ordre. Lorsque tous eurent pénétré au delà de l'enceinte interne, hors de vue des habitants ne faisant pas partie de l'Ordre, Udṙaeṙ fit fermer les portes. Alors, s'adressant à Silëna, il la remercia de lui avoir offert l'occasion rêvée de se débarrasser des gueux les plus abjects de sa province, et le massacre commença. Il dura pendant des heures, et aucun ne fut épargné : femmes, enfants, vieillards, ... Quelques frères de l'Ordre, horrifiés par les événements, tentèrent de s'interposer. Pour Nakṙaz, il s'agissait là d'une abjecte trahison, et il ordonna qu'ils fussent mis à mort au même titre que les gueux qu'ils aimaient tant. Il les fit ensuite égorger "pour donner le change". Le cadavre de Silëna fut quant à lui exposé sur les remparts de Mornetour afin de servir d'exemples aux futurs rebelles.

La version officielle des évènements affirmait que Silëna avait tenté d'assassiner Udṙaeṙ, et que les indigènes avaient pris d'assaut les quartiers de l'Ordre, armés de coutelas. Heureusement, Nakṙaz avait prévu l'éventualité, et les rebelles avaient été matés sans avoir pu causer de trop gros dégâts, bien que quelques frères eussent péri dans la bataille.

Satisfait, Udṙaeṙ ne compris pas tout de suite qu'il avait commis une erreur de taille. Instruits par Silëna, les survivants du massacre, qui n'avaient pas participé à la marche, se rendirent aussitôt à Nobleroc pour plaider leur cause devant Latmolk le Généreux, Grand Hospitalier de l'Ordre. Celui-ci, terriblement affligé par leur sort, en référa à Bizol le Tenace en personne. Furieux, celui-ci convoqua aussitôt Udṙaeṙ, et le fit juger par le Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux, Laeṙn Hauteflamme. Ce-dernier était peu enclin à prendre le parti des indigènes, mais Laeṙn avait la mémoire longue, et il se souvenait de l'intervention de Udṙaeṙ lors du procès de Doloṙoṙ en 1244. Il ne manqua pas de remarquer que le commandeur avait enfreint deux points importants : le respect du code d'honneur, en bernant les manifestants, et le respect de la justice, en autorisant la milice à mettre à mort des indigènes sans qu'ils n'aient commis de faits graves. Udṙaeṙ protesta : les indigènes avaient tentés de l'assassiner, et avaient tué plusieurs frères ! Laeṙn envoya alors l'inquisition mener l'enquête à Mornetour. Persuadé qu'il ne trancherait jamais en sa défaveur, de part son mépris des indigènes, Udṙaeṙ accepta avec joie. Il ne pris donc pas la peine de masquer les éléments douteux, et Laeṙn eu rapidement vent de rumeurs affirmant que les frères avaient été égorgés non pas par les indigènes, mais par d'autres frères. Soumis à la question, l'histoire se révéla fondée, et l'affaire tourna mal pour Udṙaeṙ, Nakṙaz et les soldats fratricides. Tous furent convoqués à Nobleroc, où Laeṙn les dépouilla de leur statut de frère, et les condamna à la mort réservée aux faits les plus graves : l’écartèlement pentagonal. Doloṙoṙ Mortepitié, Grand Maréchal de l'Ordre qui avait une dette envers Udṙaeṙ et tenait Nakṙaz en la plus haute estime pour ses compétences militaires, tenta d'interférer, mais compris rapidement qu'il valait mieux garder silence que de risquer d'être condamnée à son tour.

L'exécution fut rendue publique, sur la grand place de Nobleroc, afin que tous les citoyens puissent voir le sort réservé à ceux qui bafouent les droits civiques, car tous les citoyens gottäriens servant l'Imperfectible étaient sur le même pied d'égalité. C'est en tous cas le discours que tint Bizol, et s'il probable qu'il ait réellement cru que ce procès de 1247 rendait justice aux indigènes massacrés, la plupart des membres de l'Ordre savent que ce procès a surtout condamné la mort des quelques frères ayant tenté de s'interposer.

Néanmoins, ces évènements constituent un avertissement pour les frères faisant ouvertement preuve de racisme, et un signal positif pour les indigènes.