« Doloṙoṙ Mortepitié » : différence entre les versions
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[[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Maréchal de l'Ordre|Grand Maréchal de l'Ordre]] depuis 1244, Doloror est le troisième enfant de [[Frensas Bonne-Chance]], capitaine de la 1ere [[Légion de l'Ordre de l'Imperfectible|légion]], la [[Garde de Nobleroc]] et de Danuria, une noble [[Royaume kaerin|kaerine]]. | [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Maréchal de l'Ordre|Grand Maréchal de l'Ordre]] depuis 1244, Doloror est le troisième enfant de [[Frensas Bonne-Chance]], capitaine de la 1ere [[Légion de l'Ordre de l'Imperfectible|légion]], la [[Garde de Nobleroc]] et de Danuria, une noble [[Royaume kaerin|kaerine]]. | ||
=Jeunesse= | ==Jeunesse== | ||
Doloror est né en 1212 à [[Nobleroc]]. Élevé dans un milieu très pieux et puritain, il verra sa foi renforcée par le rétablissement de son père, Frensas, tombé gravement malade alors que Doloror n'avait que sept ans. Ce-dernier pria assidûment pour le rétablissement de son père, alors que peu croyaient qu'il survivrait à sa maladie. Par miracle, Frensas survécu, et Doloror sera convaincu que l'Imperfectible a répondu à ses prières. | Doloror est né en 1212 à [[Nobleroc]]. Élevé dans un milieu très pieux et puritain, il verra sa foi renforcée par le rétablissement de son père, Frensas, tombé gravement malade alors que Doloror n'avait que sept ans. Ce-dernier pria assidûment pour le rétablissement de son père, alors que peu croyaient qu'il survivrait à sa maladie. Par miracle, Frensas survécu, et Doloror sera convaincu que l'Imperfectible a répondu à ses prières. | ||
=Premières armes= | ==Premières armes== | ||
A l'âge de 16 ans, soit en 1228, il entre dans l'Ordre dans le même légion que son père, à la suite de son frère aîné, Jeorl, alors âgé de 19 ans. Il sera écuyer de [[Bisol le Tenace]], récemment promu chevalier suite au décès du chevalier dont il était lui-même écuyer. Les deux jeunes hommes sympathiseront rapidement, et feront leurs premières armes ensembles en escortant un convoi. | A l'âge de 16 ans, soit en 1228, il entre dans l'Ordre dans le même légion que son père, à la suite de son frère aîné, Jeorl, alors âgé de 19 ans. Il sera écuyer de [[Bisol le Tenace]], récemment promu chevalier suite au décès du chevalier dont il était lui-même écuyer. Les deux jeunes hommes sympathiseront rapidement, et feront leurs premières armes ensembles en escortant un convoi. | ||
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Cette riposte odieuse déclenchera une guerre féroce, au cours de laquelle Doloror et Bisol ne prendront guère part de part le statut particulier de leur légion, devant rester à Nobleroc. Ils parviendront cependant à déjouer un tentative d'infiltration kaerine, ce qui sauva peut-être la ville. En récompense, et suite à la mort apparemment accidentelle du lieutenant de leur unité lors de l'intervention, Bisol, alors [[Hiérarchie de l'Ordre#Lieutenant|lieutenant]], est promu [[Hiérarchie de l'Ordre#Capitaine|capitaine]] de la 1ere [[Légion de l'Ordre de l'Imperfectible|légion]], la [[Garde de Nobleroc]]. Il choisit alors Doloror pour le remplacer en tant que lieutenant. D'aucun affirment que ce dernier est à l'origine de l'accident qui tombait étrangement à point nommé. | Cette riposte odieuse déclenchera une guerre féroce, au cours de laquelle Doloror et Bisol ne prendront guère part de part le statut particulier de leur légion, devant rester à Nobleroc. Ils parviendront cependant à déjouer un tentative d'infiltration kaerine, ce qui sauva peut-être la ville. En récompense, et suite à la mort apparemment accidentelle du lieutenant de leur unité lors de l'intervention, Bisol, alors [[Hiérarchie de l'Ordre#Lieutenant|lieutenant]], est promu [[Hiérarchie de l'Ordre#Capitaine|capitaine]] de la 1ere [[Légion de l'Ordre de l'Imperfectible|légion]], la [[Garde de Nobleroc]]. Il choisit alors Doloror pour le remplacer en tant que lieutenant. D'aucun affirment que ce dernier est à l'origine de l'accident qui tombait étrangement à point nommé. | ||
=Guerre des arbres pourpres= | ==Guerre des arbres pourpres== | ||
En 1242, [[Cuilan le fléau]] envahi l’état gothique, déclenchant la [[Guerre des arbres pourpres]]. Le début de la guerre vit les armées de l'Ordre, réputées jusqu'alors invincibles, subir d'écrasants revers. [[Talath le Confiant]], alors Grand Maître de l'Ordre, décide d'affronter les [[Empire de l'éternelle lumière|impériaux]] avec tous les [[Chapitres de l'Ordre de l'Imperfectible|chapitres]] disponibles, ne laissant en garnison que les [[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]] et la 1ere légion (à Nobleroc). | En 1242, [[Cuilan le fléau]] envahi l’état gothique, déclenchant la [[Guerre des arbres pourpres]]. Le début de la guerre vit les armées de l'Ordre, réputées jusqu'alors invincibles, subir d'écrasants revers. [[Talath le Confiant]], alors Grand Maître de l'Ordre, décide d'affronter les [[Empire de l'éternelle lumière|impériaux]] avec tous les [[Chapitres de l'Ordre de l'Imperfectible|chapitres]] disponibles, ne laissant en garnison que les [[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]] et la 1ere légion (à Nobleroc). | ||
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Celui-ci nomma aussitôt Doloror, alors âgé de 32 ans comme Grand Maréchal, faisant de lui le plus jeune homme ayant jamais occupé ce poste. Malgré les nombreuses critiques, force était d'admettre que la situation était catastrophique pour la loge militaire, tous les gradés ayant été tués : une telle nomination était nécessaire, et Doloror s'était déjà distingué lors du siège de Nobleroc. | Celui-ci nomma aussitôt Doloror, alors âgé de 32 ans comme Grand Maréchal, faisant de lui le plus jeune homme ayant jamais occupé ce poste. Malgré les nombreuses critiques, force était d'admettre que la situation était catastrophique pour la loge militaire, tous les gradés ayant été tués : une telle nomination était nécessaire, et Doloror s'était déjà distingué lors du siège de Nobleroc. | ||
(à | Rassemblant ses forces, Bisol quitta la ville à la tête de 720 [[Hiérarchie de l'Ordre#Chevalier|chevaliers]], le double d'[[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]] et environ 10000 miliciens recrutés et fanatisés au cours des deux années de siège en échange de vivres. Il pouvait donc compter sur 12 000 hommes, appuyés par de nombreux membres de la loge du génie. | ||
Tandis qu'il se dirigeait vers Apreplaine par le chemin le plus direct, entre les [[Monts noirs]] et les [[Monts de la rédemption]], Bisol détacha environ 300 cavaliers (ce qui était relativement inédit, puisque cela impliquait de rompre la structure classique des unités de combat de l'Ordre) dont il confia le commandement à Doloror. Celui-ci devait faire diversion au sud d'Apreplaine afin de permettre au gros des troupes d'atteindre la ville sans être interceptés par l'armée de Cuilan. | |||
Doloror passa donc par un défilé des [[Monts noirs]], gardé par la forteresse de Mornetour, et déboucha dans les plaines, au sud de la position des impériaux. Cuilan, occupé à assiéger Apreplaine, ne se doutait pas que les gottäriens fussent encore disposer à se battre après leur récente défaite, et Doloror tomba par surprise sur l'armée impériale, éparpillée dans les champs pour fourrager. Il en massacra plus d'un millier avant de se replier hors de vue. | |||
Se doutant que la cavalerie n'agissait pas seule, Cuilan leva hâtivement le siège d'Apreplaine afin de se porter à la rencontre de l'armée gottärienne, qui, selon lui, suivait la cavalerie. Il se posta donc là où les autochtones lui avaient indiqué le défilé emprunté par Doloror. Ses éclaireurs lui apprirent cependant rapidement que nul armée n'était en vue. Et pour cause, Bisol, à la tête de l'infanterie, arrivait par le nord en longeant la rivière [[Kewuth]]. Aussitôt qu'il en fut averti, Cuilan se porta à sa rencontre, mais il était trop tard : la rivière s'étendait entre l'armée gottärienne et son armée, et le seul moyen de la franchir rapidement était d'emprunter le pont défendu par Apreplaine. Secondé par la garnison de la ville, Bisol balaya les forces impériales postées sur la rive est, et entra dans la ville, où il put lever de nouvelles forces. | |||
Harcelé par Doloror qui malmenait ses fourrageurs tel un démon insaisissable, Cuilan ne pouvait espérer cacher son avancée. Il envoya alors une délégation pour négocier la fin de la guerre, à la condition de conserver les trois places-fortes conquises jusqu'alors. Bisol refusa fermement, et déclara que l'issue de la guerre se réglerait sur champ de bataille. C'est ainsi qu'eut lieu la [[Guerre des arbres pourpres#Bataille du divin châtiment|bataille du divin châtiment), que nous a rapporté | |||
[[Rhain le chroniqueur]]. La victoire fut du côté de l'Ordre, cependant, les versions divergent. Certains affirment que Cuilan fut tué par Bisol en personne dés le début de l'affrontement, selon d'autres il périt noyé durant le débâcle qui suivit. Quant aux impériaux, ils affirment que Doloror arrangea son assassinat. Cette dernière version fut secrètement encouragée par Doloror lui-même, qui s'en servit afin d'étoffer son aura de crainte. | |||
==La reprise de Rocbois== | |||
Lors de la déroute qui suivit, Doloror devança les impériaux tentant de se replier sur [[Rocbois]], les tailla en pièces lorsqu'ils émergèrent de la [[Forêt des arbres pourpres]]. Il laissa finalement un détachement impérial s'échapper, et les rattrapa alors qu'ils franchissaient la porte. Conscient du danger, le capitaine occupant la place forte tenta de relever le pont-levis, mais la masse de soldats qui se bousculaient pour entrer l'en empêcha. Il fit alors abaisser la herse sur ses troupes, condamnant la centaine de malheureux restés dehors, bien qu'il fit disposer des archers sur les remparts pour dissuader le Grand Maréchal de charger. Ce dernier fit mettre pied à terre à ses cavaliers (il n'en disposait qu'une bonne centaine), organisa un mur de boucliers et s'approcha des impériaux paniqués. Protégés par leurs armures, les gottäriens arrivèrent rapidement au contact et n'eurent guère de peine à massacrer les soldats impériaux, désorganisés, terrifiés et parfois désarmés. Malgré l'interdit de la [[Règle de l'Ordre]], il fit une vingtaine de prisonniers, et annonça aux défenseurs qu'il en écartèlerait un par jour si les impériaux ne lui rendaient pas la place-forte. Il n'eut pas besoin de leur promettre un sauf conduit : [[Rocbois]] possédait un pont protégé par son enceinte, permettant de franchir la [[Méhade]] et de rejoindre l'Empire. Le capitaine impérial hésitait : les gottäriens n'avaient que peu de troupes, alors qu'il en disposait d'un bon millier. De plus, la population le suppliait de ne pas les abandonner alors qu'elle avait secondé les impériaux pour prendre la place. Aussi céda t-il aux suppliques des citadins, ignorant les avertissements de ses hommes. Il envoya un message à l'empereur pour demander des renforts, et décida de maintenir sa position. Pour sa part, Doloror envoya un message à [[Portbrume]] pour réclamer une légion d'écuyers. | |||
Le premier écartelé hurla si fort que de nombreux impériaux rescapés de la bataille du divin châtiment se mutinèrent et fuirent par le pont, tuant au passage plusieurs de leurs camarades. Le deuxième jour, la victime choisie se montra moins loquace, et Doloror le renvoya aux impériaux vivant, mais si affreusement mutilé que certains frères demandèrent à quitter l'unité pour recevoir confession. La permission leur fut évidement refusée. | |||
Le Grand Maréchal savait probablement que les impériaux ne rendraient pas la forteresse, mais soit il désirait gagner du temps, soit il savourait réellement ses séances de torture. | |||
Lorsqu'il commençait à faire écarteler un nouveau prisonnier à l'aube du troisième jour, un messager arriva, annonçant à Doloror qu'il allait bien recevoir une légion complète d'écuyers, laquelle devrait arriver dans les trois jours. Satisfait, le Grand Maréchal envoya un messager aller à leur rencontre et leur dispenser des instructions précises pour la prise de la ville : les écuyers devraient rester cachés dans les bois environnants, tandis qu'il attirerait les impériaux hors de la ville. Ils tomberaient ensuite sur ces derniers, et, pour citer Doloror « Nous ferons en sorte que cette maudite forêt soit aussi rouge de leur sang que de celui de nos frères ». | |||
Le problème principal était de convaincre les impériaux d'effectuer une sortie. Se trouvant déjà à dix contre un, cela aura du leur suffire, mais leur capitaine jugeait plus prudent de profiter des protections formidables de la forteresse en attendant des renforts, d'autant qu'il pouvait recevoir un approvisionnement sûr depuis l'Empire, Doloror ne pouvant espérer franchir la [[Méhade]]. Il tenta de traiter le capitaine de couard, de lui promettre l’écartèlement s'il s'obstinait à demeurer dans la place, son adversaire refusait toujours de sortir, pressentant à juste titre que l'insistance du Grand Maréchal trahissait son impuissance. | |||
(à suivre) | |||
Version du 9 juillet 2015 à 17:15
Doloror Mortepitié
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Résumé du personnage
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Grand Maréchal de l'Ordre depuis 1244, Doloror est le troisième enfant de Frensas Bonne-Chance, capitaine de la 1ere légion, la Garde de Nobleroc et de Danuria, une noble kaerine.
Jeunesse
Doloror est né en 1212 à Nobleroc. Élevé dans un milieu très pieux et puritain, il verra sa foi renforcée par le rétablissement de son père, Frensas, tombé gravement malade alors que Doloror n'avait que sept ans. Ce-dernier pria assidûment pour le rétablissement de son père, alors que peu croyaient qu'il survivrait à sa maladie. Par miracle, Frensas survécu, et Doloror sera convaincu que l'Imperfectible a répondu à ses prières.
Premières armes
A l'âge de 16 ans, soit en 1228, il entre dans l'Ordre dans le même légion que son père, à la suite de son frère aîné, Jeorl, alors âgé de 19 ans. Il sera écuyer de Bisol le Tenace, récemment promu chevalier suite au décès du chevalier dont il était lui-même écuyer. Les deux jeunes hommes sympathiseront rapidement, et feront leurs premières armes ensembles en escortant un convoi.
En 1240, les kaers violent un traité de non-agression et mettent Villeneuve à sac. La loge Juridique demande alors qu'on exécute tous les otages kaers en représailles. Frensas, marié notamment à Danuria, une noble kaerine, refusera de la livrer et réclamera des représailles purement militaires, sous la forme d'une expédition punitive. Laern Hauteflammes, Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux le fera juger comme traître, malgré les réticences du Grand Maître de l'Ordre Jaber Longue-Lance. Frensas subira donc l'Écartèlement pentagonal aux côtés de son épouse, et de nombreux nobles kaerins. Horrifié, Doloror vouera dés lors une haine tenace envers Laern, qui s'en méfiera toujours. Ses proches affirment qu'il ne fut plus jamais le même homme par après. Il semble en tous cas certain que et sa foi en pris un coup solide.
Cette riposte odieuse déclenchera une guerre féroce, au cours de laquelle Doloror et Bisol ne prendront guère part de part le statut particulier de leur légion, devant rester à Nobleroc. Ils parviendront cependant à déjouer un tentative d'infiltration kaerine, ce qui sauva peut-être la ville. En récompense, et suite à la mort apparemment accidentelle du lieutenant de leur unité lors de l'intervention, Bisol, alors lieutenant, est promu capitaine de la 1ere légion, la Garde de Nobleroc. Il choisit alors Doloror pour le remplacer en tant que lieutenant. D'aucun affirment que ce dernier est à l'origine de l'accident qui tombait étrangement à point nommé.
Guerre des arbres pourpres
En 1242, Cuilan le fléau envahi l’état gothique, déclenchant la Guerre des arbres pourpres. Le début de la guerre vit les armées de l'Ordre, réputées jusqu'alors invincibles, subir d'écrasants revers. Talath le Confiant, alors Grand Maître de l'Ordre, décide d'affronter les impériaux avec tous les chapitres disponibles, ne laissant en garnison que les écuyers et la 1ere légion (à Nobleroc).
Après la défaite du chapitre de Rivefolle, peu avant l'hiver, environ 15 000 soldats impériaux mettent le siège devant Nobleroc. Talath ayant besoin des réserves de la ville pour tenir à Apreplaine, Bisol décide de forcer le blocus. Récoltant le plus d'informations possibles l'armée assiégeant Nobleroc, il apprend que les impériaux sont menés par un homme superstitieux qui n'envisage pas une victoire sans le soutien de la lumière. Il apprend aussi où se trouve leur tente de commandement. Il confie alors à Doloror le soin de mener une percée nocturne à la tête des écuyers. L'opération prend les impériaux de court, et leur commandant est rapidement éliminé. S'ensuit alors une déroute générale des impériaux, pourchassés par la cavalerie des écuyers. On estime que près de 3000 impériaux périrent lors de l'affrontement. Profitant de son succès, Bisol fait aussitôt envoyer des vivres à Apreplaine.
Peu après, Cuilan parvient à convaincre Talath de le défier en combat singulier, et le tue d'un dard empoisonné. Le Grand Maréchal Kirnon Nez-plat reprit l'armée gottärienne en main, tandis que Soran Main-moite, anciennement Grand Commandeur, était nommé Grand Maître. qui succéda à Talath comme Grand Maître.
Fin 1243, la situation est critique. Malgré le départ de Tyrogg le Gris et de l'armée kaerine, les impériaux contrôlaient les trois places-fortes le long de la Méhade et avaient annihilé le tiers des chevaliers gottäriens (plus de 5000 hommes) ainsi que son Grand-Maître. De son côté, l'Ordre avait seulement éliminé un nombre équivalent d'impériaux (dont plus de la moitié devant Nobleroc), ce qui représentait une bien moindre proportion de leurs forces.
Au printemps 1244, Cuilan remporte une bataille rangée décicive contre Kirnon lors de la bataille du ciel de feu. Soran, qui n'avait pas participé à la bataille, revint à Nobleroc pour y soutenir le siège qui ne tarderait pas à venir.
Bisol étant désormais le plus haut gradé de la loge militaire, il obtint le titre de Grand Maréchal, et siégeait au Conseil. Comme lui, Beleran le Bonisseur le Grand Commandeur et Harland Sobrelangue le Grand Maître Ingénieur reprochaient à Soran sa lâcheté et son inaction. Laern Hauteflamme le Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux et Damol le Manchot le Grand Maître des Arts étaient plutôt d'avis que la faute incombait à Kirnon : s'il avait obéi aux ordres de Soran, la débâcle aurait été évitée.
A trois avis contre un, le Conseil Suprême ne pouvait destituer Soran. Cependant, Doloror, conscient de l'opportunité que comportait les reproches faits à Soran, réussi à convaincre Rhain le chroniqueur de rejeter lui-aussi le blâme sur le Grand Maître. Ainsi, la chronique de la bataille du ciel de feu valut rapidement à Soran son suffixe de « Main-moite », et sa survie fut assimilée à de la lâcheté. Comment le Grand Maréchal Kirnon et tous les chevaliers pouvaient-ils être tombés valeureusement au combat alors que le Grand Maître était encore en vie ? La Règle de l'Ordre interdisait pourtant clairement la fuite, en particulier pour un commandant !
Au grand étonnement de tous, cette critique acerbe poussa Soran à admettre devant le Conseil Suprême qu'il était dépassé par les événements et incompétent pour résoudre l'affaire. Il nomma alors Bisol comme successeur, au vu de ses résultats lors du siège de Nobleroc, la seule victoire gottärienne depuis le début de la guerre. A 36 ans, il s'agissait du plus jeune Grand Maître de l'Ordre de l'histoire. Cette nomination devait être ratifiée par au moins deux des quatre membres survivants du Conseil Suprême. Beleran et Harland soutinrent Bisol, et le vote fut ratifié. Laern, le parti le plus probable au vu de ses nombreuses années de service et de sa grande influence, ne digérera jamais ce qu'il considéra comme un affront intolérable.
Celui-ci nomma aussitôt Doloror, alors âgé de 32 ans comme Grand Maréchal, faisant de lui le plus jeune homme ayant jamais occupé ce poste. Malgré les nombreuses critiques, force était d'admettre que la situation était catastrophique pour la loge militaire, tous les gradés ayant été tués : une telle nomination était nécessaire, et Doloror s'était déjà distingué lors du siège de Nobleroc.
Rassemblant ses forces, Bisol quitta la ville à la tête de 720 chevaliers, le double d'écuyers et environ 10000 miliciens recrutés et fanatisés au cours des deux années de siège en échange de vivres. Il pouvait donc compter sur 12 000 hommes, appuyés par de nombreux membres de la loge du génie.
Tandis qu'il se dirigeait vers Apreplaine par le chemin le plus direct, entre les Monts noirs et les Monts de la rédemption, Bisol détacha environ 300 cavaliers (ce qui était relativement inédit, puisque cela impliquait de rompre la structure classique des unités de combat de l'Ordre) dont il confia le commandement à Doloror. Celui-ci devait faire diversion au sud d'Apreplaine afin de permettre au gros des troupes d'atteindre la ville sans être interceptés par l'armée de Cuilan.
Doloror passa donc par un défilé des Monts noirs, gardé par la forteresse de Mornetour, et déboucha dans les plaines, au sud de la position des impériaux. Cuilan, occupé à assiéger Apreplaine, ne se doutait pas que les gottäriens fussent encore disposer à se battre après leur récente défaite, et Doloror tomba par surprise sur l'armée impériale, éparpillée dans les champs pour fourrager. Il en massacra plus d'un millier avant de se replier hors de vue.
Se doutant que la cavalerie n'agissait pas seule, Cuilan leva hâtivement le siège d'Apreplaine afin de se porter à la rencontre de l'armée gottärienne, qui, selon lui, suivait la cavalerie. Il se posta donc là où les autochtones lui avaient indiqué le défilé emprunté par Doloror. Ses éclaireurs lui apprirent cependant rapidement que nul armée n'était en vue. Et pour cause, Bisol, à la tête de l'infanterie, arrivait par le nord en longeant la rivière Kewuth. Aussitôt qu'il en fut averti, Cuilan se porta à sa rencontre, mais il était trop tard : la rivière s'étendait entre l'armée gottärienne et son armée, et le seul moyen de la franchir rapidement était d'emprunter le pont défendu par Apreplaine. Secondé par la garnison de la ville, Bisol balaya les forces impériales postées sur la rive est, et entra dans la ville, où il put lever de nouvelles forces.
Harcelé par Doloror qui malmenait ses fourrageurs tel un démon insaisissable, Cuilan ne pouvait espérer cacher son avancée. Il envoya alors une délégation pour négocier la fin de la guerre, à la condition de conserver les trois places-fortes conquises jusqu'alors. Bisol refusa fermement, et déclara que l'issue de la guerre se réglerait sur champ de bataille. C'est ainsi qu'eut lieu la [[Guerre des arbres pourpres#Bataille du divin châtiment|bataille du divin châtiment), que nous a rapporté Rhain le chroniqueur. La victoire fut du côté de l'Ordre, cependant, les versions divergent. Certains affirment que Cuilan fut tué par Bisol en personne dés le début de l'affrontement, selon d'autres il périt noyé durant le débâcle qui suivit. Quant aux impériaux, ils affirment que Doloror arrangea son assassinat. Cette dernière version fut secrètement encouragée par Doloror lui-même, qui s'en servit afin d'étoffer son aura de crainte.
La reprise de Rocbois
Lors de la déroute qui suivit, Doloror devança les impériaux tentant de se replier sur Rocbois, les tailla en pièces lorsqu'ils émergèrent de la Forêt des arbres pourpres. Il laissa finalement un détachement impérial s'échapper, et les rattrapa alors qu'ils franchissaient la porte. Conscient du danger, le capitaine occupant la place forte tenta de relever le pont-levis, mais la masse de soldats qui se bousculaient pour entrer l'en empêcha. Il fit alors abaisser la herse sur ses troupes, condamnant la centaine de malheureux restés dehors, bien qu'il fit disposer des archers sur les remparts pour dissuader le Grand Maréchal de charger. Ce dernier fit mettre pied à terre à ses cavaliers (il n'en disposait qu'une bonne centaine), organisa un mur de boucliers et s'approcha des impériaux paniqués. Protégés par leurs armures, les gottäriens arrivèrent rapidement au contact et n'eurent guère de peine à massacrer les soldats impériaux, désorganisés, terrifiés et parfois désarmés. Malgré l'interdit de la Règle de l'Ordre, il fit une vingtaine de prisonniers, et annonça aux défenseurs qu'il en écartèlerait un par jour si les impériaux ne lui rendaient pas la place-forte. Il n'eut pas besoin de leur promettre un sauf conduit : Rocbois possédait un pont protégé par son enceinte, permettant de franchir la Méhade et de rejoindre l'Empire. Le capitaine impérial hésitait : les gottäriens n'avaient que peu de troupes, alors qu'il en disposait d'un bon millier. De plus, la population le suppliait de ne pas les abandonner alors qu'elle avait secondé les impériaux pour prendre la place. Aussi céda t-il aux suppliques des citadins, ignorant les avertissements de ses hommes. Il envoya un message à l'empereur pour demander des renforts, et décida de maintenir sa position. Pour sa part, Doloror envoya un message à Portbrume pour réclamer une légion d'écuyers.
Le premier écartelé hurla si fort que de nombreux impériaux rescapés de la bataille du divin châtiment se mutinèrent et fuirent par le pont, tuant au passage plusieurs de leurs camarades. Le deuxième jour, la victime choisie se montra moins loquace, et Doloror le renvoya aux impériaux vivant, mais si affreusement mutilé que certains frères demandèrent à quitter l'unité pour recevoir confession. La permission leur fut évidement refusée. Le Grand Maréchal savait probablement que les impériaux ne rendraient pas la forteresse, mais soit il désirait gagner du temps, soit il savourait réellement ses séances de torture.
Lorsqu'il commençait à faire écarteler un nouveau prisonnier à l'aube du troisième jour, un messager arriva, annonçant à Doloror qu'il allait bien recevoir une légion complète d'écuyers, laquelle devrait arriver dans les trois jours. Satisfait, le Grand Maréchal envoya un messager aller à leur rencontre et leur dispenser des instructions précises pour la prise de la ville : les écuyers devraient rester cachés dans les bois environnants, tandis qu'il attirerait les impériaux hors de la ville. Ils tomberaient ensuite sur ces derniers, et, pour citer Doloror « Nous ferons en sorte que cette maudite forêt soit aussi rouge de leur sang que de celui de nos frères ».
Le problème principal était de convaincre les impériaux d'effectuer une sortie. Se trouvant déjà à dix contre un, cela aura du leur suffire, mais leur capitaine jugeait plus prudent de profiter des protections formidables de la forteresse en attendant des renforts, d'autant qu'il pouvait recevoir un approvisionnement sûr depuis l'Empire, Doloror ne pouvant espérer franchir la Méhade. Il tenta de traiter le capitaine de couard, de lui promettre l’écartèlement s'il s'obstinait à demeurer dans la place, son adversaire refusait toujours de sortir, pressentant à juste titre que l'insistance du Grand Maréchal trahissait son impuissance.
(à suivre)