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Nakras, dit le fratricide, fut [[Hiérarchie de l'Ordre#Maréchal|Maréchal]] de la cinquième province de l'état [[Gottäron|gottärien]] jusqu'à son exécution en 1247.
Nakṙaz, dit le fratricide, fut [[Hiérarchie de l'Ordre#Maréchal|Maréchal]] de la onzième province de l'état [[Gottäron|gotterien]] jusqu'à son exécution en 1247.


Né en 1215 de parents de la race des [[hommes de l'ombre]], eux-mêmes issus d'une lignée "pure", Narkas était tout destiné à suivre les traces de son père, [[Hiérarchie de l'Ordre#Capitaine|Capitaine]] de la 9e légion, [[Le Fléau des entropistes]]. Il sera ainsi éduqué dans une académie militaire à [[Mornetour]].
Né en 1215 de parents de la race des [[hommes de l'ombre]], eux-mêmes issus d'une lignée "pure", Nakṙaz était tout destiné à suivre les traces de son père, [[Hiérarchie de l'Ordre#Capitaine|Capitaine]] de la 9e légion, [[Le Fléau des entropistes]]. Il sera ainsi éduqué dans une académie militaire à [[Mornetour]].


En 1242, [[Quilan le Fléau]] envahi l'état gottärien, et les armées sont mobilisées. Comme le veut la coutume de l'[[Ordre de l'Imperfectible]], les [[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]] demeurèrent en garnison, afin que le savoir de leur légion ne fusse pas perdu en cas de défaite. C'est précisément ce qui arriva, et jamais les frères de l'Ordre n'eurent autant à se féliciter de cette réserve.  
En 1242, [[Quilan le Fléau]] envahi l'état gotterien, et les armées sont mobilisées. Comme le veut la coutume de l'[[Ordre de l'Imperfectible]], les [[Hiérarchie de l'Ordre#Écuyer|écuyers]] demeurèrent en garnison, afin que le savoir de leur légion ne fusse pas perdu en cas de défaite. C'est précisément ce qui arriva, et jamais les frères de l'Ordre n'eurent autant à se féliciter de cette réserve.  
Son père, comme tous les militaires de l'Etat à l'exception de la 1ere légion, [[La Garde de Nobleroc]], furent massacrés au cours de la [[Guerre des arbres pourpres]], et Nakras brûla de pouvoir le venger, lui et tous les frères tombés au combat.
Son père, comme tous les militaires de l'Etat à l'exception de la 1ere légion, [[La Garde de Nobleroc]], furent massacrés au cours de la [[Guerre des arbres pourpres]], et Nakṙaz brûla de pouvoir le venger, lui et tous les frères tombés au combat.


L'occasion se présentera en 1244, lors de la [[Bataille du divin châtiment]], où Nakras s'illustra si brillamment qu'il fut nommé Maréchal de la cinquième province par [[Doloror Mortepitié]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Maréchal de l'Ordre|Grand Maréchal de l'Ordre]]. Cette nomination fulgurante, bien que spectaculaire, ne fut pas la seule étant donné l'extermination de onze des douze chapitres au cours de la guerre.
L'occasion se présentera en 1244, lors de la [[Bataille du divin châtiment]], où Nakṙaz s'illustra si brillamment qu'il fut nommé Maréchal de la onzième province par [[Doloṙoṙ Mortepitié]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Maréchal de l'Ordre|Grand Maréchal de l'Ordre]]. Cette nomination fulgurante, bien que spectaculaire, ne fut pas la seule étant donné l'extermination de onze des douze chapitres au cours de la guerre.


Il consacra ses premiers efforts en tant que Maréchal à poursuivre et éradiquer tous les indigènes de sa province ayant soutenu la cause de Quilan, tâche qu'il accompli avec une ferveur qui ne laissa nulle place au doute : tout indigène soupçonné fut mis à mort. Par là même, il constituait un allié de choix pour [[Hudraer Gueux-buteur]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Commandeur|Commandeur]] de la cinquième province, qui se vantait de diriger la seule agglomération gottärienne dépourvue du moindre gueux, comme il nommait les indigènes sans considération pour leur statut.
Il consacra ses premiers efforts en tant que Maréchal à poursuivre et éradiquer tous les indigènes de sa province ayant soutenu la cause de Quilan, tâche qu'il accompli avec une ferveur qui ne laissa nulle place au doute : tout indigène soupçonné fut mis à mort. Par là même, il constituait un allié de choix pour [[Udṙaeṙ Gueux-buteur]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Commandeur|Commandeur]] de la onzième province, qui se vantait de diriger la seule agglomération gotterienne dépourvue du moindre gueux, comme il nommait les indigènes sans considération pour leur statut.


En 1246, une indigène nommée [[Silëna la défiante]] décida d'organiser une série de protestations pacifiques après que son frère fut battu à mort par la milice sous prétexte qu'il encombrait le passage d'un pont avec sa charrette. Après un séjour prolongé à [[Nobleroc]], elle s'était familiarisée avec le cadre juridique de l'Ordre et comptait bien l'utiliser pour obtenir réparation et mettre fin à ces exactions. Ainsi, elle savait notamment qu'un citoyen pouvait facilement être condamné à mort pour "incitation à la rébellion", et fit en sorte que son mouvement soit pacifique. Lorsque Hudraer eu vent des protestations dans sa province, il envoya Nakras disperser les manifestants. En voyant arriver les troupes de l'Ordre, Silëna cria haut et fort à qui voulait l'entendre qu'il s'agissait d'une grave violation de ces droits civiques et que toute atteinte physique à leur égard serait rapportée en haute instance. Craignant qu'un citoyen ne le dénonce auprès de l'inquisition, Nakras joua la carte de la prudence, et fit son rapport à Hudraer. Furieux, il lui intima de trouver une solution "peu voyante", afin de leur faire comprendre à quel jeu ils jouaient.
En 1246, une indigène nommée [[Silëna la défiante]] décida d'organiser une série de protestations pacifiques après que son frère fut battu à mort par la milice sous prétexte qu'il encombrait le passage d'un pont avec sa charrette. Après un séjour prolongé à [[Nobleroc]], elle s'était familiarisée avec le cadre juridique de l'Ordre et comptait bien l'utiliser pour obtenir réparation et mettre fin à ces exactions. Ainsi, elle savait notamment qu'un citoyen pouvait facilement être condamné à mort pour "incitation à la rébellion", et fit en sorte que son mouvement soit pacifique. Lorsque Udṙaeṙ eu vent des protestations dans sa province, il envoya Nakṙaz disperser les manifestants. En voyant arriver les troupes de l'Ordre, Silëna cria haut et fort à qui voulait l'entendre qu'il s'agissait d'une grave violation de ces droits civiques et que toute atteinte physique à leur égard serait rapportée en haute instance. Craignant qu'un citoyen ne le dénonce auprès de l'inquisition, Nakṙaz joua la carte de la prudence, et fit son rapport à Udṙaeṙ. Furieux, il lui intima de trouver une solution "peu voyante", afin de leur faire comprendre à quel jeu ils jouaient.


Nakras envoya alors un détachement de cavaliers qui pénétrèrent de nuit dans le village de Silëna. Ils repérèrent sa maison, y enfermèrent ses habitants et y boutèrent le feu avant de s'éclipser aussitôt. Malheureusement pour lui, Silëna était en réunion avec d'autres responsables de son mouvement de protestation, dans une autre bourgade. Et on venait de massacrer ses parents et sa plus jeune soeur.
Nakṙaz envoya alors un détachement de cavaliers qui pénétrèrent de nuit dans le village de Silëna. Ils repérèrent sa maison, y enfermèrent ses habitants et y boutèrent le feu avant de s'éclipser aussitôt. Malheureusement pour lui, Silëna était en réunion avec d'autres responsables de son mouvement de protestation, dans une autre bourgade. Et on venait de massacrer ses parents et sa plus jeune sœur.


Se faisant passer pour morte, elle parvint en quelques semaines, avec le soutien de la population locale, à convaincre des milliers d'indigènes de se rassembler pour une marche à Mornetour afin de réclamer justice. Hudraer, fou de rage, feignit de bien vouloir négocier avec eux s'ils prenaient la peine de le rencontrer dans son château, au centre de la citadelle. l'honneur était grand, car si tous peuvent officiellement pénétrer à Mornetour, seuls les membres de l'Ordre ont accès à l'enceinte interne de la citadelle. Persuadée que Hudraer craignait que son mouvement ne prenne de l'ampleur, elle s’avança dans la citadelle à la tête de près de 5000 indigènes, sous les regards incrédules des frères de l'Ordre. Lorsque tous eurent pénétré au delà de l'enceinte interne, hors de vue des habitants ne faisant pas partie de l'Ordre, Hudraer fit fermer les portes. Alors, s'adressant à Silëna, il la remercia de lui avoir offert l'occasion rêvée de se débarrasser des gueux les plus abjects de sa province, et le massacre commença, mené par les 9e et 10e légions de Nakras. Il dura pendant des heures, et aucun ne fut épargné : femmes, enfants, vieillards, ... Quelques frères de l'Ordre, horrifiés par les événements, tentèrent de s'interposer. Pour Nakras, il s'agissait là d'une abjecte trahison, et il ordonna qu'ils fussent mis à mort au même titre que les gueux qu'ils aimaient tant. Il les fit ensuite égorger "pour donner le change".
Se faisant passer pour morte, elle parvint en quelques semaines, avec le soutien de la population locale, à convaincre des milliers d'indigènes de se rassembler pour une marche à Mornetour afin de réclamer justice. Udṙaeṙ, fou de rage, feignit de bien vouloir négocier avec eux s'ils prenaient la peine de le rencontrer dans son château, au centre de la citadelle. l'honneur était grand, car si tous peuvent officiellement pénétrer à Mornetour, seuls les membres de l'Ordre ont accès à l'enceinte interne de la citadelle. Persuadée que Udṙaeṙ craignait que son mouvement ne prenne de l'ampleur, elle s’avança dans la citadelle à la tête de près de 5000 indigènes, sous les regards incrédules des frères de l'Ordre. Lorsque tous eurent pénétré au delà de l'enceinte interne, hors de vue des habitants ne faisant pas partie de l'Ordre, Udṙaeṙ fit fermer les portes. Alors, s'adressant à Silëna, il la remercia de lui avoir offert l'occasion rêvée de se débarrasser des gueux les plus abjects de sa province, et le massacre commença, mené par les 9e et 10e légions de Nakṙaz. Il dura pendant des heures, et aucun ne fut épargné : femmes, enfants, vieillards, ... Quelques frères de l'Ordre, horrifiés par les événements, tentèrent de s'interposer. Pour Nakṙaz, il s'agissait là d'une abjecte trahison, et il ordonna qu'ils fussent mis à mort au même titre que les gueux qu'ils aimaient tant. Il les fit ensuite égorger "pour donner le change".
Le cadavre de Silëna fut quant à lui exposé sur les remparts de Mornetour afin de servir d'exemples aux futurs rebelles.  
Le cadavre de Silëna fut quant à lui exposé sur les remparts de Mornetour afin de servir d'exemples aux futurs rebelles.  
La version officielle des événements affirmait que Silëna avait tenté d'assassiner Hudraer, et que les indigènes avaient pris d'assaut les quartiers de l'Ordre, armés de coutelas. Heureusement, Nakras avait prévu l'éventualité, et les rebelles avaient été matés sans avoir pu causer de trop gros dégâts, bien que quelques frères eussent péri dans la bataille.  
La version officielle des événements affirmait que Silëna avait tenté d'assassiner Udṙaeṙ, et que les indigènes avaient pris d'assaut les quartiers de l'Ordre, armés de coutelas. Heureusement, Nakṙaz avait prévu l'éventualité, et les rebelles avaient été matés sans avoir pu causer de trop gros dégâts, bien que quelques frères eussent péri dans la bataille.  


Satisfait, Hudraer ne compris pas tout de suite qu'il avait commis une erreur de taille. Instruits par Silëna, les survivants du massacre, qui n'avaient pas participé à la marche, se rendirent aussitôt à Nobleroc pour plaider leur cause devant [[Latmolk le Généreux]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Hospitalier|Grand Hospitalier]] de l'Ordre. Celui-ci, terriblement affligé par leur sort, en référa à [[Bisol le Tenace]] en personne. Furieux, celui-ci convoqua aussitôt Hudraer, et le fit juger par le [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux|Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux]], [[Laern Hauteflamme]]. Ce-dernier était peu enclin à prendre le parti des indigènes, mais Hudraer avait enfreint deux points importants : le respect du code d'honneur, en bernant les manifestants, et le respect de la justice, en autorisant la milice à mettre à mort des indigènes sans qu'ils n'aient commis de faits graves.  
Satisfait, Udṙaeṙ ne compris pas tout de suite qu'il avait commis une erreur de taille. Instruits par Silëna, les survivants du massacre, qui n'avaient pas participé à la marche, se rendirent aussitôt à Nobleroc pour plaider leur cause devant [[Latmolk le Généreux]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Hospitalier|Grand Hospitalier]] de l'Ordre. Celui-ci, terriblement affligé par leur sort, en référa à [[Bizol le Tenace]] en personne. Furieux, celui-ci convoqua aussitôt Udṙaeṙ, et le fit juger par le [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux|Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux]], [[Laeṙn Hauteflamme]]. Ce-dernier était peu enclin à prendre le parti des indigènes, mais Udṙaeṙ avait enfreint deux points importants : le respect du code d'honneur, en bernant les manifestants, et le respect de la justice, en autorisant la milice à mettre à mort des indigènes sans qu'ils n'aient commis de faits graves.  
Hudraer protesta : les indigènes avaient tentés de l'assassiner, et avaient tué plusieurs frères ! Laern envoya alors l'inquisition mener l'enquête à Mornetour. Persuadé qu'il ne trancherait jamais en sa défaveur, de part son mépris des indigènes, Hudraer accepta avec joie. Il ne pris donc pas la peine de masquer les éléments douteux, et Laern eu rapidement vent de rumeurs affirmant que les frères avaient été égorgés non pas par les indigènes, mais par d'autres frères. Soumis à la question, l'histoire se révéla fondée, et l'affaire tourna mal pour Hudraer, Nakras et les soldats fratricides. Tous furent convoqués à Nobleroc, où Laern les dépouilla de leur statut de frère, et les condamna à la mort réservée aux faits les plus graves : l’[[Écartèlement pentagonal|écartèlement pentagonal]]. [[Doloror Mortepitié]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Maréchal de l'Ordre|Grand Maréchal de l'Ordre]] qui tenait Nakras en la plus haute estime pour ses compétences militaires, tenta d'interférer, mais compris rapidement qu'il valait mieux garder silence que de risquer d'être condamnée à son tour.  
Udṙaeṙ protesta : les indigènes avaient tentés de l'assassiner, et avaient tué plusieurs frères ! Laeṙn envoya alors l'inquisition mener l'enquête à Mornetour. Persuadé qu'il ne trancherait jamais en sa défaveur, de part son mépris des indigènes, Udṙaeṙ accepta avec joie. Il ne pris donc pas la peine de masquer les éléments douteux, et Laeṙn eu rapidement vent de rumeurs affirmant que les frères avaient été égorgés non pas par les indigènes, mais par d'autres frères. Soumis à la question, l'histoire se révéla fondée, et l'affaire tourna mal pour Udṙaeṙ, Nakṙaz et les soldats fratricides. Tous furent convoqués à Nobleroc, où Laeṙn les dépouilla de leur statut de frère, et les condamna à la mort réservée aux faits les plus graves : la [[dodéca-guillotine]]. [[Doloṙoṙ Mortepitié]], [[Hiérarchie de l'Ordre#Grand Maréchal de l'Ordre|Grand Maréchal de l'Ordre]] qui tenait Nakṙaz en la plus haute estime pour ses compétences militaires, tenta d'interférer, mais compris rapidement qu'il valait mieux garder silence que de risquer d'être condamnée à son tour.  


L'exécution fut rendue publique, sur la grand place de Nobleroc, afin que tous les citoyens puissent voir le sort réservé à ceux qui bafouent les droits civiques, car tous les citoyens gottäriens servant l'Imperfectible étaient sur le même pied d'égalité. C'est en tous cas le discours que tint Bisol, et s'il probable qu'il ait réellement cru que ce procès de 1247 rendait justice aux indigènes massacrés, la plupart des membres de l'Ordre savent que ce procès a surtout condamné la mort des quelques frères ayant tenté de s'interposer.
L'exécution fut rendue publique, sur la grand place de Nobleroc, afin que tous les citoyens puissent voir le sort réservé à ceux qui bafouent les droits civiques, car tous les citoyens gotteriens servant l'Imperfectible étaient sur le même pied d'égalité. C'est en tous cas le discours que tint Bizol, et s'il probable qu'il ait réellement cru que ce procès de 1247 rendait justice aux indigènes massacrés, la plupart des membres de l'Ordre savent que ce procès a surtout condamné la mort des quelques frères ayant tenté de s'interposer.


Néanmoins, ces événements constituent un avertissement pour les frères faisant ouvertement preuve de racisme, et un signal positif pour les indigènes.
Néanmoins, ces événements constituent un avertissement pour les frères faisant ouvertement preuve de racisme, et un signal positif pour les indigènes.
[[Catégorie:Personnages décédés]]
[[Catégorie:Personnages slaeciens]]
[[Catégorie:Personnages de l'ordre de l'imperfectible]]
[[Catégorie:Maréchaux de l'ordre de l'imperfectible]]
[[Catégorie:Généraux]]

Dernière version du 23 juillet 2025 à 19:31

Nakṙaz, dit le fratricide, fut Maréchal de la onzième province de l'état gotterien jusqu'à son exécution en 1247.

Né en 1215 de parents de la race des hommes de l'ombre, eux-mêmes issus d'une lignée "pure", Nakṙaz était tout destiné à suivre les traces de son père, Capitaine de la 9e légion, Le Fléau des entropistes. Il sera ainsi éduqué dans une académie militaire à Mornetour.

En 1242, Quilan le Fléau envahi l'état gotterien, et les armées sont mobilisées. Comme le veut la coutume de l'Ordre de l'Imperfectible, les écuyers demeurèrent en garnison, afin que le savoir de leur légion ne fusse pas perdu en cas de défaite. C'est précisément ce qui arriva, et jamais les frères de l'Ordre n'eurent autant à se féliciter de cette réserve. Son père, comme tous les militaires de l'Etat à l'exception de la 1ere légion, La Garde de Nobleroc, furent massacrés au cours de la Guerre des arbres pourpres, et Nakṙaz brûla de pouvoir le venger, lui et tous les frères tombés au combat.

L'occasion se présentera en 1244, lors de la Bataille du divin châtiment, où Nakṙaz s'illustra si brillamment qu'il fut nommé Maréchal de la onzième province par Doloṙoṙ Mortepitié, Grand Maréchal de l'Ordre. Cette nomination fulgurante, bien que spectaculaire, ne fut pas la seule étant donné l'extermination de onze des douze chapitres au cours de la guerre.

Il consacra ses premiers efforts en tant que Maréchal à poursuivre et éradiquer tous les indigènes de sa province ayant soutenu la cause de Quilan, tâche qu'il accompli avec une ferveur qui ne laissa nulle place au doute : tout indigène soupçonné fut mis à mort. Par là même, il constituait un allié de choix pour Udṙaeṙ Gueux-buteur, Commandeur de la onzième province, qui se vantait de diriger la seule agglomération gotterienne dépourvue du moindre gueux, comme il nommait les indigènes sans considération pour leur statut.

En 1246, une indigène nommée Silëna la défiante décida d'organiser une série de protestations pacifiques après que son frère fut battu à mort par la milice sous prétexte qu'il encombrait le passage d'un pont avec sa charrette. Après un séjour prolongé à Nobleroc, elle s'était familiarisée avec le cadre juridique de l'Ordre et comptait bien l'utiliser pour obtenir réparation et mettre fin à ces exactions. Ainsi, elle savait notamment qu'un citoyen pouvait facilement être condamné à mort pour "incitation à la rébellion", et fit en sorte que son mouvement soit pacifique. Lorsque Udṙaeṙ eu vent des protestations dans sa province, il envoya Nakṙaz disperser les manifestants. En voyant arriver les troupes de l'Ordre, Silëna cria haut et fort à qui voulait l'entendre qu'il s'agissait d'une grave violation de ces droits civiques et que toute atteinte physique à leur égard serait rapportée en haute instance. Craignant qu'un citoyen ne le dénonce auprès de l'inquisition, Nakṙaz joua la carte de la prudence, et fit son rapport à Udṙaeṙ. Furieux, il lui intima de trouver une solution "peu voyante", afin de leur faire comprendre à quel jeu ils jouaient.

Nakṙaz envoya alors un détachement de cavaliers qui pénétrèrent de nuit dans le village de Silëna. Ils repérèrent sa maison, y enfermèrent ses habitants et y boutèrent le feu avant de s'éclipser aussitôt. Malheureusement pour lui, Silëna était en réunion avec d'autres responsables de son mouvement de protestation, dans une autre bourgade. Et on venait de massacrer ses parents et sa plus jeune sœur.

Se faisant passer pour morte, elle parvint en quelques semaines, avec le soutien de la population locale, à convaincre des milliers d'indigènes de se rassembler pour une marche à Mornetour afin de réclamer justice. Udṙaeṙ, fou de rage, feignit de bien vouloir négocier avec eux s'ils prenaient la peine de le rencontrer dans son château, au centre de la citadelle. l'honneur était grand, car si tous peuvent officiellement pénétrer à Mornetour, seuls les membres de l'Ordre ont accès à l'enceinte interne de la citadelle. Persuadée que Udṙaeṙ craignait que son mouvement ne prenne de l'ampleur, elle s’avança dans la citadelle à la tête de près de 5000 indigènes, sous les regards incrédules des frères de l'Ordre. Lorsque tous eurent pénétré au delà de l'enceinte interne, hors de vue des habitants ne faisant pas partie de l'Ordre, Udṙaeṙ fit fermer les portes. Alors, s'adressant à Silëna, il la remercia de lui avoir offert l'occasion rêvée de se débarrasser des gueux les plus abjects de sa province, et le massacre commença, mené par les 9e et 10e légions de Nakṙaz. Il dura pendant des heures, et aucun ne fut épargné : femmes, enfants, vieillards, ... Quelques frères de l'Ordre, horrifiés par les événements, tentèrent de s'interposer. Pour Nakṙaz, il s'agissait là d'une abjecte trahison, et il ordonna qu'ils fussent mis à mort au même titre que les gueux qu'ils aimaient tant. Il les fit ensuite égorger "pour donner le change". Le cadavre de Silëna fut quant à lui exposé sur les remparts de Mornetour afin de servir d'exemples aux futurs rebelles. La version officielle des événements affirmait que Silëna avait tenté d'assassiner Udṙaeṙ, et que les indigènes avaient pris d'assaut les quartiers de l'Ordre, armés de coutelas. Heureusement, Nakṙaz avait prévu l'éventualité, et les rebelles avaient été matés sans avoir pu causer de trop gros dégâts, bien que quelques frères eussent péri dans la bataille.

Satisfait, Udṙaeṙ ne compris pas tout de suite qu'il avait commis une erreur de taille. Instruits par Silëna, les survivants du massacre, qui n'avaient pas participé à la marche, se rendirent aussitôt à Nobleroc pour plaider leur cause devant Latmolk le Généreux, Grand Hospitalier de l'Ordre. Celui-ci, terriblement affligé par leur sort, en référa à Bizol le Tenace en personne. Furieux, celui-ci convoqua aussitôt Udṙaeṙ, et le fit juger par le Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux, Laeṙn Hauteflamme. Ce-dernier était peu enclin à prendre le parti des indigènes, mais Udṙaeṙ avait enfreint deux points importants : le respect du code d'honneur, en bernant les manifestants, et le respect de la justice, en autorisant la milice à mettre à mort des indigènes sans qu'ils n'aient commis de faits graves. Udṙaeṙ protesta : les indigènes avaient tentés de l'assassiner, et avaient tué plusieurs frères ! Laeṙn envoya alors l'inquisition mener l'enquête à Mornetour. Persuadé qu'il ne trancherait jamais en sa défaveur, de part son mépris des indigènes, Udṙaeṙ accepta avec joie. Il ne pris donc pas la peine de masquer les éléments douteux, et Laeṙn eu rapidement vent de rumeurs affirmant que les frères avaient été égorgés non pas par les indigènes, mais par d'autres frères. Soumis à la question, l'histoire se révéla fondée, et l'affaire tourna mal pour Udṙaeṙ, Nakṙaz et les soldats fratricides. Tous furent convoqués à Nobleroc, où Laeṙn les dépouilla de leur statut de frère, et les condamna à la mort réservée aux faits les plus graves : la dodéca-guillotine. Doloṙoṙ Mortepitié, Grand Maréchal de l'Ordre qui tenait Nakṙaz en la plus haute estime pour ses compétences militaires, tenta d'interférer, mais compris rapidement qu'il valait mieux garder silence que de risquer d'être condamnée à son tour.

L'exécution fut rendue publique, sur la grand place de Nobleroc, afin que tous les citoyens puissent voir le sort réservé à ceux qui bafouent les droits civiques, car tous les citoyens gotteriens servant l'Imperfectible étaient sur le même pied d'égalité. C'est en tous cas le discours que tint Bizol, et s'il probable qu'il ait réellement cru que ce procès de 1247 rendait justice aux indigènes massacrés, la plupart des membres de l'Ordre savent que ce procès a surtout condamné la mort des quelques frères ayant tenté de s'interposer.

Néanmoins, ces événements constituent un avertissement pour les frères faisant ouvertement preuve de racisme, et un signal positif pour les indigènes.