« Bataille des gués jumeaux » : différence entre les versions
>Grand Maître de l'Ordre mAucun résumé des modifications |
m (Remplacement de texte : « [[Catégorie: » par « [[Catégorie: ») |
||
| (11 versions intermédiaires par un autre utilisateur non affichées) | |||
| Ligne 5 : | Ligne 5 : | ||
| date = 1249 | | date = 1249 | ||
| lieu = Environs de [[Semeko]] | | lieu = Environs de [[Semeko]] | ||
| issue = | | issue = Incertaine | ||
| combattants1 = [[Image:Blason Versghala.svg|30px]] [[Versghala]] | | combattants1 = [[Image:Blason Versghala.svg|30px]] [[Versghala]] | ||
| combattants2 = [[Image:Blason ordre rond.svg|30px]] [[Ordre de l'Imperfectible]] <br /> [[Image:Blason Illahun.svg|30px]] Mercenaires d'[[Illahun]] | | combattants2 = [[Image:Blason ordre rond.svg|30px]] [[Ordre de l'Imperfectible]] <br /> [[Image:Blason Illahun.svg|30px]] Mercenaires d'[[Illahun]] | ||
| Ligne 11 : | Ligne 11 : | ||
| commandant2 = [[Doloror Mortepitié]] et [[Damanä le Jeune]] | | commandant2 = [[Doloror Mortepitié]] et [[Damanä le Jeune]] | ||
| forces1 = approx. 10 000 versghales | | forces1 = approx. 10 000 versghales | ||
| forces2 = approx. | | forces2 = approx. 7000 gotteriens <br /> approx. 2000 mercenaires | ||
| pertes1 = approx. | | pertes1 = approx. 4600 versghales | ||
| pertes2 = approx. | | pertes2 = approx. 2500 gotteriens et 1400 mercenaires (dont blessés) | ||
}} | }} | ||
Cette bataille oppose les forces de [[Versghala]] menées par [[Mylyagre l'Instable]] et l'alliance inattendue de légions [[gotterien]]nes avec des mercenaires enrôlés par [[Illahun]]. Il s'agit de la seconde bataille de la [[révolte versghale]], et la première bataille opposant des nations de la [[confédération de Tamascala]] avec l'[[Ordre de l'Imperfectible]]. Bien que les forces de l'Ordre aient subi moins de pertes que leurs adversaires, l'écrasement des mercenaires est en faveur des versghales, ce qui rend l'issue de la bataille incertaine. | |||
[[Catégorie:Batailles]] | =Contexte= | ||
Les gotteriens se trouvent impliqués dans ce conflit suite à l'assassinat de l'inquisiteur gotterien chargé de superviser la conversion de [[Versghala]], imposée par l'accord tripartite que [[Uhelÿkihu l'Ambitieux]] a imposé à l'Ordre de l'Imperfectible, au [[Royaume kaerin]] et la [[confédération de Tamascala]]. La Loge Juridique de l'Ordre impose à [[Bizol le Tenace]] de réagir de manière ferme, et celui-ci décide de profiter de l'aide militaire demandée à [[Illahun]] afin de mater la rébellion de Mylyagre pour satisfaire ces deux partis. Malheureusement, la flotte gotterienne ne maîtrise pas suffisamment la navigation en [[mer des lamentations]], car celle-ci lui a été interdite par la flotte kaerine de longue date. Bizol réussit à négocier avec [[Nekhen]] afin que cette dernière débarque quatre légions gotteriennes de [[Villeneuve]] (chapitre des Griffons) à proximité de Versghala lors de l'attaque de la ville par les flottes des autres cités confédérées. Il faut alors choisir un commandant. Bien que le maréchal de Villeneuve soit tout désigné, Bizol insiste pour que [[Doloror Mortepitié]] assure le commandement. En effet, Doloror est en disgrâce après s'être quasiment exilé depuis la signature du pacte tripartite et avoir manqué de respect vis-à-vis du Grand Maître, et [[Laern Hauteflamme]], son grand détracteur, souhaite sa démission pure et dure tout en cherchant un prétexte pour le faire exécuter. L'occasion se présente, selon Bizol, de l'éloigner un peu de gotteṙon le temps qu'il regagne en popularité en remplissant une mission dont le prétexte est d'ordre théologique (venger la mort de l'inquisiteur). De plus, sa compétence n'est plus à prouver. | |||
Notons que Uhelÿkihu n'a pas vent de ce soutien des gotteriens, car ni ces derniers ni les nekhans ne voulaient risquer un refus de sa part. De fait, Uhelÿkihu aurait probablement refusé l'intervention à la fois inédite, encombrante et difficile à gérer des gotteriens sur le sol confédéré. Il en résulte que l'expédition ignore les plans du leader confédéré, ce qui contribuera au fiasco initial ds opérations. | |||
=Mouvements de troupes précédant la bataille= | |||
J-6 : Les nekhans débarquent les troupes gotteriennes à l'Ouest de Versghala la nuit de la [[bataille des la mer embrasée]], suffisamment loin que pour ne pas risquer de prendre part à la bataille navale. De ce fait, lorsque les gotteriens arrivent en vue de la ville, les flottes alliées ont déjà été défaites et les mercenaires engagés par Illahun pour prendre la ville ont été repoussés vers les montagnes, à l'Est de la ville. La flotte nekhane s'étant retirée avant que le jour ne se lève, les gotteriens se retrouvent en plein territoire hostile, sans soutien logistique ni possibilité de retraite. | |||
J-5 : Mylyagre se rend compte du problème que pose l'armée gotterienne, et demande une armée de renfort depuis [[Semeko]] (50 km à vol d'oiseau) pour venir à la rencontre des gotteriens depuis le Sud. Doloror décide justement de se porter vers le Sud via la route reliant Versghala à Semeko pour inciter les versghales à tenter une sortie, prendre d'assaut une ville moins défendue ou trouver un point fortifiable sur la côte et y attendre des secours. Pendant ce temps, [[Damanä le Jeune]], un capitaine charismatique, a rallié les mercenaires. Apprenant la présence des gotteriens et leur mouvement vers le Sud, il leur envoie une délégation pour tenter de profiter de leur présence. Doloror voit d'un bon œil cette coopération et lui demande de harceler les arrières versghales afin de protéger l'avancée gotterienne et d'éviter qu'ils ne soient pris entre deux fronts. | |||
J-4 : Semeko envoie environ 4500 hommes à la rencontre des gotteriens et occupe le gué là où la route venant de Versghala traverse la [[Rivière des mille gardiens]]. | |||
J-3 : Mylyagre laisse une garnison d'environ 3000 hommes à Versghala (notamment par crainte des mercenaires) et poursuit les gotteriens avec environ 5500 hommes. Les gotteriens arrivent au gué et Doloror décide d'y établir un camp le temps d'évaluer la possibilité de forcer le passage, lequel lui parait bien défendu par les lanciers et archers versghales. | |||
Des éclaireurs sont envoyés en amont et en aval afin de trouver un moyen de contourner le gué. Ils rapportent que les versghales arrivent depuis le Nord, et qu'on peut contourner le gué qu'en remontant un bras de rivière vers le Nord-Ouest ou en suivant la route vers l'Est, où un second gué est assez proche (environ huit kilomètres) et praticable. La première solution est jugée trop risquée : cela reviendrait à libérer le gué pour l'armée de Semeko et rapprocherait les gotteriens de l'armée versghale du Nord. Cependant, se rendant compte que les deux gués sont proches, Doloror craint de libérer le premier de peur que les deux armées versghales n'opèrent leur jonction, et préfère occuper sa position qui lui permet de tenir le gué avec peu de troupes en bloquant l'armée de Semeko au Sud tout en pouvant faire face à l'armée du Nord avec le gros de ses forces, et, espère t-il, avec le soutien de Damanä. | |||
J-2 : Damanä pourchasse Mylyagre en harcelant les convois de ravitaillement, mais ce dernier poursuit son avance. Ses éclaireurs lui ont renseigné la position des gotteriens et il décide de se hâter, hors route, à marche forcée, afin de traverser le second gué avant que les gotteriens n'aient réagi. Doloror, percevant la manœuvre, n'ose quitter sa position de peur d'être pris en tenaille par les deux armées versghales sur un terrain moins favorable. | |||
J-1 : Les deux armées versghales opèrent leur jonction du côté sud de la rivière, et Damanä rejoint Doloror. Ce dernier hésite à laisser une partie de ses forces pour garder les deux gués tandis qu'il remonterait prendre Verghala, mais Damanä l'en dissuade : la ville est bien défendue, les versghales peuvent envoyer d'autres forces depuis les villes du Nord et Mylyagre connaît bien le terrain et pourra contourner les gués et détruire l'arrière garde gotterienne si l'occasion s'en présente. Ils conviennent alors de tenter le tout pour le tout et de franchir le gué par la force avant que les versghales ne reçoivent davantage de renforts. | |||
=Déroulement de la bataille= | |||
[[Fichier:Minimap bataille 2 gues.png|thumb|3000px|right|Champ de bataille ; Jaune : gotteriens ; Bleu : Mercenaires ; Rouge: Versghales]] | |||
Doloror et Damanä conviennent d'un plan : les forces gotteriennes, plus nombreuses, occupent le gué principal, là où la route traverse la rivière, afin d'y fixer la majorité de l'armée versghale. Pendant ce temps, les mercenaires doivent tenter une percée sur l'autre gué, avec le soutien de la cavalerie gotterienne (un peu plus de 1000 cavaliers) qui les rejoindra une fois les forces versghales positionnées. Ils espèrent ainsi que l'arrivée de la cavalerie de choc des slaeciens et la peur que cause les éléphants de guerre des mercenaires bousculera les troupes versghales moins nombreuses sur ce front, pour ensuite prendre le gros de l'armée versghale à revers. | |||
Cependant, lorsque Damanä lance son attaque avec ses 2000 hommes, il tombe face à 4000 versghales, soit près de la moitié des forces adverses. Quelques 2000 lanciers verghales bloquent alors les mercenaires sur le gué, tandis que leurs redoutables archers déciment leurs rangs et font paniquer les éléphants. Faute de contre-ordre, la cavalerie gotterienne se lance à bride abattue dans la mêlée où elle subira de lourdes pertes. | |||
Pendant ce temps, Doloror a disposé ses phalanges de manière à former un U dont l'ouverture fait face au gué, et espère pousser les versghales à la faute. Ses espoirs manquent de se réaliser lorsque les chevaucheurs de glycaons (qu'on appellera par la suite cavalerie par extension) fondent sur le gué. Se rendant compte de l'obstacle redoutable que représentent les phalanges, ils battent en retraite sans engager le combat, et en toute impunité vu l'absence de tireurs gotteriens. Mylyagre fait alors s'avancer ses tireurs, près à se replier derrière les rangs des lanciers. Ceux-ci criblent les gotteriens de flèches afin de les pousser à libérer le gué ou à avancer. Pendant ce temps, le gros des cavaliers versghales rejoignent le gué est où se trouvent les mercenaires. Ironiquement, la stratégie pensée par Doloror et Damanä est improvisée par Mylyagre contre eux, car l'arrivée des cavaliers versghales achève de faire tourner la bataille en faveur des versghales sur le front est. Damanä tente de rallier ses troupes en se jetant dans la bataille, mais y trouve la mort. Doloror rappelle alors sa cavalerie, laissant les mercenaires retenir les versghales. La manœuvre sera coûteuse pour les mercenaires qui, pourchassés par les cavaliers versghales, n'ont guère le temps de se reformer. Les cavaliers gotteriens paient également un lourd tribu dans leur tentative de s'extirper du massacre. | |||
Sur le front ouest, Doloror fait avancer ses troupes qui repoussent les lanciers versghales qui tentent de les coincer sur le gué, dans des conditions peu favorables aux phalanges. Après avoir débordé le flanc gauche versghale, les phalangistes se déploient à revers des fantassins versghales qui, pris en étaux, lâchent rapidement pied et sont taillés en pièces. Pendant ce temps, les archers infligent des dégâts de plus en plus importants aux gotteriens, ce qui pousse Doloror à lancer toutes ses troupes à travers le gué et à charger personnellement afin de faire reculer ces tireurs. Il découvrira que les archers versghales sont aussi bien armés que leurs équivalents lanciers et lui font chèrement payer son attaque. Le Grand Maréchal est alors obligé de faire appel à des fantassins d'assaut pour s'occuper des archers pendant qu'il se replie. | |||
La suite de la bataille est plutôt confuse, mais se résume de la sorte : les versghales traversent le gué est en espérant prendre les gotteriens à revers, mais constatent que ces derniers ont opéré la même manœuvre. Après avoir exterminé les fantassins et cavaliers du front ouest sous une pluie de flèches, les fantassins gotteriens reforment une ligne squelettique et doivent leur salut au retour de leur cavalerie, qui, menée par Doloror, repousse à grand peine les tireurs. | |||
Face à l'épuisement de ses troupes et aux lourdes pertes qu'on subit ses phalanges, Doloror n'ose pas réoccuper un gué de peur que les tireurs versghales n'achèvent leur travail depuis l'autre rive sans qu'il n'ait les effectifs pour les repousser. Aussi mais laisse t-il ses troupes se reposer. Mylyagre, de son côté, considère que la bataille a pris une tournure plutôt positive. Les mercenaires ne constituent plus une menace et les gotteriens, contrairement aux versghales, ne peuvent pas espérer de renfort puisqu'ils se trouvent en territoire insulaire et hostile et ne disposent pas d'une flotte. | |||
=Massacre des blessés et profanation des cadavres : une ode à la guerre totale= | |||
Bien que les versghales ne soient guère plus enclins à la reddition que les gotteriens, ils découvrent avec horreur le mépris total de l'Ordre pour "les lâches" et la gestion des captifs. En effet, les gotteriens font peu de différence entre un blessé et un captif. Le premier est soit grièvement blessé et doit être achevé (ou abandonné si le temps presse), soit encore capable de se battre et un lâche. La politique militaire de l'Ordre n'accorde donc aucune place définie aux blessés. D'ordinaire, si les batailles se soldent par la victoire des gotteriens et la déroute de l'armée ennemie, les frères laissent mourir les blessés adverses ou les achèvent. A l'inverse, lorsqu'ils perdent la bataille, la déroute est totale car la reddition n'est pas une option envisageable pour ces soldats fanatisés et personne ne peut récupérer les blessés gotteriens qui se laisseraient approcher. Dans ce cas précis, les deux armées se font encore face et sont en mesure de réclamer le retour des blessés. | |||
Manque de chance pour Mylyagre, tous les blessés se trouvent du côté sud de la rivière, occupé par les gotteriens à l’exception des mercenaires pourchassés par les versghales et des quelques gotteriens tués par flèches avant de traverser. Ainsi, les messagers qu'il envoie pour demander le retour de ses hommes sont accueillis avec froideur et malaise par les gotteriens. Doloror reçoit les messagers avec froideur : pourquoi les gotteriens renverraient-ils à Mylyagre les quelques 2000 versghales encore en vie ? Soit, explique t-il, il s'agit d'hommes soignables qu'il n'a aucun intérêt stratégique à restituer, soit il s'agit d'hommes mourants que Mylyagre pourra récupérer et une fois achevés. Dégoûtés, les versghales tentent d'expliquer au Grand Maréchal les principes de la "bonne guerre", et de la cinquantaine de blessés gotteriens en leur possession, mais Doloror ne comprend pas pourquoi il échangerait 50 gotteriens contre 2000 versghales, et se contente de remercie les ambassadeurs pour la grande valeur qu'ils accordent aux soldats gotteriens. Après avoir les avoir renvoyés, il s'exclamera devant ses troupes : "Les versghales, réputés meilleurs guerriers de la confédération, considèrent qu'un des nôtres vaut 40 des leurs ! Ils sont frappés d'épouvante, maintenant qu'ils réalisent que l'ensemble de leurs forces, dussent t-ils mobiliser femmes, enfants, vieillards et impotents, ne peut suffire à vaincre nos légions. Loué soit l'Imperfectible et ses dignes serviteurs !". | |||
Hors de lui, Mylyagre fait décapiter les blessés en sa possession et planter leurs têtes sur des lances le long de la berge. Lancé dans sa colère, il fait également étriper les cadavres, délestés de leurs armures dont la valeur ne peut être négligée. Leurs boyaux sont ensuite attachés aux lances portant leurs têtes tandis que les corps sont jetés à la rivière, offrant aux gotteriens le bien amer spectacle des cadavres de leurs frères flottants entre deux eaux tels des navires à l'ancre. Pour Doloror, il s'agit d'un bon moyen de fanatiser davantage ses troupes, aussi laisse t-il libre cours à leur colère tandis qu'ils jettent à la rivière les versghales blessés et morts, sans distinction aucune et sans ôter leurs armures. Les versghales tentent alors d'abattre les gotteriens depuis la berge opposée avec leurs archers, manœuvre assez fructueuse que pour que Doloror rappelle aussitôt ses hommes. Certains versghales se jetent aussi à l'eau afin de secourir leurs infortunés camarades, et en sauvent près d'une centaine. Le fond de la rivière n'en est pas moins jonché des cadavres de plus d'un millier de versghales. Doloror fait ensuite mettre à mort tous les blessés restants de manière assez horrible, afin de "montrer aux entropistes comment l'Ordre traite avec leur engeance". Qu'il le pense ou qu'il ait agit par soucis politique afin de plaire à Laeṙn, l'épisode conforte son surnom de "Mortepitié" auprès des confédérés. | |||
=Conséquences= | |||
Cette bataille enseignera aux confédérés qu'une guerre avec les gotteriens est une guerre d'extermination, sans place pour la pitié ou la grandeur d'âme. Oui, ces slaeciens méritent leur titre "d'hommes de l'ombre". | |||
La rivière gagnera le nom de [[Rivière des mille gardiens]], et la coutume veut que ceux qui veulent traverser l'un des gués tendent la main vers la rivière et fassent le geste d'aider un des soldats à se hisser hors de l'eau, sous peine, selon certains, de subir le courroux des spectres des infortunés soldats. | |||
(à suivre) | |||
[[Catégorie:Batailles]] | |||
Dernière version du 23 juillet 2025 à 19:21
| Bataille des gués jumeaux | ||||||||||||||||
| Informations générales | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| ||||||||||||||||
| ||||||||||||||||
| Révolte versghale | ||||||||||||||||
Cette bataille oppose les forces de Versghala menées par Mylyagre l'Instable et l'alliance inattendue de légions gotteriennes avec des mercenaires enrôlés par Illahun. Il s'agit de la seconde bataille de la révolte versghale, et la première bataille opposant des nations de la confédération de Tamascala avec l'Ordre de l'Imperfectible. Bien que les forces de l'Ordre aient subi moins de pertes que leurs adversaires, l'écrasement des mercenaires est en faveur des versghales, ce qui rend l'issue de la bataille incertaine.
Contexte[modifier]
Les gotteriens se trouvent impliqués dans ce conflit suite à l'assassinat de l'inquisiteur gotterien chargé de superviser la conversion de Versghala, imposée par l'accord tripartite que Uhelÿkihu l'Ambitieux a imposé à l'Ordre de l'Imperfectible, au Royaume kaerin et la confédération de Tamascala. La Loge Juridique de l'Ordre impose à Bizol le Tenace de réagir de manière ferme, et celui-ci décide de profiter de l'aide militaire demandée à Illahun afin de mater la rébellion de Mylyagre pour satisfaire ces deux partis. Malheureusement, la flotte gotterienne ne maîtrise pas suffisamment la navigation en mer des lamentations, car celle-ci lui a été interdite par la flotte kaerine de longue date. Bizol réussit à négocier avec Nekhen afin que cette dernière débarque quatre légions gotteriennes de Villeneuve (chapitre des Griffons) à proximité de Versghala lors de l'attaque de la ville par les flottes des autres cités confédérées. Il faut alors choisir un commandant. Bien que le maréchal de Villeneuve soit tout désigné, Bizol insiste pour que Doloror Mortepitié assure le commandement. En effet, Doloror est en disgrâce après s'être quasiment exilé depuis la signature du pacte tripartite et avoir manqué de respect vis-à-vis du Grand Maître, et Laern Hauteflamme, son grand détracteur, souhaite sa démission pure et dure tout en cherchant un prétexte pour le faire exécuter. L'occasion se présente, selon Bizol, de l'éloigner un peu de gotteṙon le temps qu'il regagne en popularité en remplissant une mission dont le prétexte est d'ordre théologique (venger la mort de l'inquisiteur). De plus, sa compétence n'est plus à prouver.
Notons que Uhelÿkihu n'a pas vent de ce soutien des gotteriens, car ni ces derniers ni les nekhans ne voulaient risquer un refus de sa part. De fait, Uhelÿkihu aurait probablement refusé l'intervention à la fois inédite, encombrante et difficile à gérer des gotteriens sur le sol confédéré. Il en résulte que l'expédition ignore les plans du leader confédéré, ce qui contribuera au fiasco initial ds opérations.
Mouvements de troupes précédant la bataille[modifier]
J-6 : Les nekhans débarquent les troupes gotteriennes à l'Ouest de Versghala la nuit de la bataille des la mer embrasée, suffisamment loin que pour ne pas risquer de prendre part à la bataille navale. De ce fait, lorsque les gotteriens arrivent en vue de la ville, les flottes alliées ont déjà été défaites et les mercenaires engagés par Illahun pour prendre la ville ont été repoussés vers les montagnes, à l'Est de la ville. La flotte nekhane s'étant retirée avant que le jour ne se lève, les gotteriens se retrouvent en plein territoire hostile, sans soutien logistique ni possibilité de retraite.
J-5 : Mylyagre se rend compte du problème que pose l'armée gotterienne, et demande une armée de renfort depuis Semeko (50 km à vol d'oiseau) pour venir à la rencontre des gotteriens depuis le Sud. Doloror décide justement de se porter vers le Sud via la route reliant Versghala à Semeko pour inciter les versghales à tenter une sortie, prendre d'assaut une ville moins défendue ou trouver un point fortifiable sur la côte et y attendre des secours. Pendant ce temps, Damanä le Jeune, un capitaine charismatique, a rallié les mercenaires. Apprenant la présence des gotteriens et leur mouvement vers le Sud, il leur envoie une délégation pour tenter de profiter de leur présence. Doloror voit d'un bon œil cette coopération et lui demande de harceler les arrières versghales afin de protéger l'avancée gotterienne et d'éviter qu'ils ne soient pris entre deux fronts.
J-4 : Semeko envoie environ 4500 hommes à la rencontre des gotteriens et occupe le gué là où la route venant de Versghala traverse la Rivière des mille gardiens.
J-3 : Mylyagre laisse une garnison d'environ 3000 hommes à Versghala (notamment par crainte des mercenaires) et poursuit les gotteriens avec environ 5500 hommes. Les gotteriens arrivent au gué et Doloror décide d'y établir un camp le temps d'évaluer la possibilité de forcer le passage, lequel lui parait bien défendu par les lanciers et archers versghales. Des éclaireurs sont envoyés en amont et en aval afin de trouver un moyen de contourner le gué. Ils rapportent que les versghales arrivent depuis le Nord, et qu'on peut contourner le gué qu'en remontant un bras de rivière vers le Nord-Ouest ou en suivant la route vers l'Est, où un second gué est assez proche (environ huit kilomètres) et praticable. La première solution est jugée trop risquée : cela reviendrait à libérer le gué pour l'armée de Semeko et rapprocherait les gotteriens de l'armée versghale du Nord. Cependant, se rendant compte que les deux gués sont proches, Doloror craint de libérer le premier de peur que les deux armées versghales n'opèrent leur jonction, et préfère occuper sa position qui lui permet de tenir le gué avec peu de troupes en bloquant l'armée de Semeko au Sud tout en pouvant faire face à l'armée du Nord avec le gros de ses forces, et, espère t-il, avec le soutien de Damanä.
J-2 : Damanä pourchasse Mylyagre en harcelant les convois de ravitaillement, mais ce dernier poursuit son avance. Ses éclaireurs lui ont renseigné la position des gotteriens et il décide de se hâter, hors route, à marche forcée, afin de traverser le second gué avant que les gotteriens n'aient réagi. Doloror, percevant la manœuvre, n'ose quitter sa position de peur d'être pris en tenaille par les deux armées versghales sur un terrain moins favorable.
J-1 : Les deux armées versghales opèrent leur jonction du côté sud de la rivière, et Damanä rejoint Doloror. Ce dernier hésite à laisser une partie de ses forces pour garder les deux gués tandis qu'il remonterait prendre Verghala, mais Damanä l'en dissuade : la ville est bien défendue, les versghales peuvent envoyer d'autres forces depuis les villes du Nord et Mylyagre connaît bien le terrain et pourra contourner les gués et détruire l'arrière garde gotterienne si l'occasion s'en présente. Ils conviennent alors de tenter le tout pour le tout et de franchir le gué par la force avant que les versghales ne reçoivent davantage de renforts.
Déroulement de la bataille[modifier]
Doloror et Damanä conviennent d'un plan : les forces gotteriennes, plus nombreuses, occupent le gué principal, là où la route traverse la rivière, afin d'y fixer la majorité de l'armée versghale. Pendant ce temps, les mercenaires doivent tenter une percée sur l'autre gué, avec le soutien de la cavalerie gotterienne (un peu plus de 1000 cavaliers) qui les rejoindra une fois les forces versghales positionnées. Ils espèrent ainsi que l'arrivée de la cavalerie de choc des slaeciens et la peur que cause les éléphants de guerre des mercenaires bousculera les troupes versghales moins nombreuses sur ce front, pour ensuite prendre le gros de l'armée versghale à revers.
Cependant, lorsque Damanä lance son attaque avec ses 2000 hommes, il tombe face à 4000 versghales, soit près de la moitié des forces adverses. Quelques 2000 lanciers verghales bloquent alors les mercenaires sur le gué, tandis que leurs redoutables archers déciment leurs rangs et font paniquer les éléphants. Faute de contre-ordre, la cavalerie gotterienne se lance à bride abattue dans la mêlée où elle subira de lourdes pertes.
Pendant ce temps, Doloror a disposé ses phalanges de manière à former un U dont l'ouverture fait face au gué, et espère pousser les versghales à la faute. Ses espoirs manquent de se réaliser lorsque les chevaucheurs de glycaons (qu'on appellera par la suite cavalerie par extension) fondent sur le gué. Se rendant compte de l'obstacle redoutable que représentent les phalanges, ils battent en retraite sans engager le combat, et en toute impunité vu l'absence de tireurs gotteriens. Mylyagre fait alors s'avancer ses tireurs, près à se replier derrière les rangs des lanciers. Ceux-ci criblent les gotteriens de flèches afin de les pousser à libérer le gué ou à avancer. Pendant ce temps, le gros des cavaliers versghales rejoignent le gué est où se trouvent les mercenaires. Ironiquement, la stratégie pensée par Doloror et Damanä est improvisée par Mylyagre contre eux, car l'arrivée des cavaliers versghales achève de faire tourner la bataille en faveur des versghales sur le front est. Damanä tente de rallier ses troupes en se jetant dans la bataille, mais y trouve la mort. Doloror rappelle alors sa cavalerie, laissant les mercenaires retenir les versghales. La manœuvre sera coûteuse pour les mercenaires qui, pourchassés par les cavaliers versghales, n'ont guère le temps de se reformer. Les cavaliers gotteriens paient également un lourd tribu dans leur tentative de s'extirper du massacre.
Sur le front ouest, Doloror fait avancer ses troupes qui repoussent les lanciers versghales qui tentent de les coincer sur le gué, dans des conditions peu favorables aux phalanges. Après avoir débordé le flanc gauche versghale, les phalangistes se déploient à revers des fantassins versghales qui, pris en étaux, lâchent rapidement pied et sont taillés en pièces. Pendant ce temps, les archers infligent des dégâts de plus en plus importants aux gotteriens, ce qui pousse Doloror à lancer toutes ses troupes à travers le gué et à charger personnellement afin de faire reculer ces tireurs. Il découvrira que les archers versghales sont aussi bien armés que leurs équivalents lanciers et lui font chèrement payer son attaque. Le Grand Maréchal est alors obligé de faire appel à des fantassins d'assaut pour s'occuper des archers pendant qu'il se replie.
La suite de la bataille est plutôt confuse, mais se résume de la sorte : les versghales traversent le gué est en espérant prendre les gotteriens à revers, mais constatent que ces derniers ont opéré la même manœuvre. Après avoir exterminé les fantassins et cavaliers du front ouest sous une pluie de flèches, les fantassins gotteriens reforment une ligne squelettique et doivent leur salut au retour de leur cavalerie, qui, menée par Doloror, repousse à grand peine les tireurs.
Face à l'épuisement de ses troupes et aux lourdes pertes qu'on subit ses phalanges, Doloror n'ose pas réoccuper un gué de peur que les tireurs versghales n'achèvent leur travail depuis l'autre rive sans qu'il n'ait les effectifs pour les repousser. Aussi mais laisse t-il ses troupes se reposer. Mylyagre, de son côté, considère que la bataille a pris une tournure plutôt positive. Les mercenaires ne constituent plus une menace et les gotteriens, contrairement aux versghales, ne peuvent pas espérer de renfort puisqu'ils se trouvent en territoire insulaire et hostile et ne disposent pas d'une flotte.
Massacre des blessés et profanation des cadavres : une ode à la guerre totale[modifier]
Bien que les versghales ne soient guère plus enclins à la reddition que les gotteriens, ils découvrent avec horreur le mépris total de l'Ordre pour "les lâches" et la gestion des captifs. En effet, les gotteriens font peu de différence entre un blessé et un captif. Le premier est soit grièvement blessé et doit être achevé (ou abandonné si le temps presse), soit encore capable de se battre et un lâche. La politique militaire de l'Ordre n'accorde donc aucune place définie aux blessés. D'ordinaire, si les batailles se soldent par la victoire des gotteriens et la déroute de l'armée ennemie, les frères laissent mourir les blessés adverses ou les achèvent. A l'inverse, lorsqu'ils perdent la bataille, la déroute est totale car la reddition n'est pas une option envisageable pour ces soldats fanatisés et personne ne peut récupérer les blessés gotteriens qui se laisseraient approcher. Dans ce cas précis, les deux armées se font encore face et sont en mesure de réclamer le retour des blessés.
Manque de chance pour Mylyagre, tous les blessés se trouvent du côté sud de la rivière, occupé par les gotteriens à l’exception des mercenaires pourchassés par les versghales et des quelques gotteriens tués par flèches avant de traverser. Ainsi, les messagers qu'il envoie pour demander le retour de ses hommes sont accueillis avec froideur et malaise par les gotteriens. Doloror reçoit les messagers avec froideur : pourquoi les gotteriens renverraient-ils à Mylyagre les quelques 2000 versghales encore en vie ? Soit, explique t-il, il s'agit d'hommes soignables qu'il n'a aucun intérêt stratégique à restituer, soit il s'agit d'hommes mourants que Mylyagre pourra récupérer et une fois achevés. Dégoûtés, les versghales tentent d'expliquer au Grand Maréchal les principes de la "bonne guerre", et de la cinquantaine de blessés gotteriens en leur possession, mais Doloror ne comprend pas pourquoi il échangerait 50 gotteriens contre 2000 versghales, et se contente de remercie les ambassadeurs pour la grande valeur qu'ils accordent aux soldats gotteriens. Après avoir les avoir renvoyés, il s'exclamera devant ses troupes : "Les versghales, réputés meilleurs guerriers de la confédération, considèrent qu'un des nôtres vaut 40 des leurs ! Ils sont frappés d'épouvante, maintenant qu'ils réalisent que l'ensemble de leurs forces, dussent t-ils mobiliser femmes, enfants, vieillards et impotents, ne peut suffire à vaincre nos légions. Loué soit l'Imperfectible et ses dignes serviteurs !".
Hors de lui, Mylyagre fait décapiter les blessés en sa possession et planter leurs têtes sur des lances le long de la berge. Lancé dans sa colère, il fait également étriper les cadavres, délestés de leurs armures dont la valeur ne peut être négligée. Leurs boyaux sont ensuite attachés aux lances portant leurs têtes tandis que les corps sont jetés à la rivière, offrant aux gotteriens le bien amer spectacle des cadavres de leurs frères flottants entre deux eaux tels des navires à l'ancre. Pour Doloror, il s'agit d'un bon moyen de fanatiser davantage ses troupes, aussi laisse t-il libre cours à leur colère tandis qu'ils jettent à la rivière les versghales blessés et morts, sans distinction aucune et sans ôter leurs armures. Les versghales tentent alors d'abattre les gotteriens depuis la berge opposée avec leurs archers, manœuvre assez fructueuse que pour que Doloror rappelle aussitôt ses hommes. Certains versghales se jetent aussi à l'eau afin de secourir leurs infortunés camarades, et en sauvent près d'une centaine. Le fond de la rivière n'en est pas moins jonché des cadavres de plus d'un millier de versghales. Doloror fait ensuite mettre à mort tous les blessés restants de manière assez horrible, afin de "montrer aux entropistes comment l'Ordre traite avec leur engeance". Qu'il le pense ou qu'il ait agit par soucis politique afin de plaire à Laeṙn, l'épisode conforte son surnom de "Mortepitié" auprès des confédérés.
Conséquences[modifier]
Cette bataille enseignera aux confédérés qu'une guerre avec les gotteriens est une guerre d'extermination, sans place pour la pitié ou la grandeur d'âme. Oui, ces slaeciens méritent leur titre "d'hommes de l'ombre".
La rivière gagnera le nom de Rivière des mille gardiens, et la coutume veut que ceux qui veulent traverser l'un des gués tendent la main vers la rivière et fassent le geste d'aider un des soldats à se hisser hors de l'eau, sous peine, selon certains, de subir le courroux des spectres des infortunés soldats.
(à suivre)